En 2007 Marie George Buffet fut une excellente candidate, une ministre des sports très appréciée, à ses côtés notre parti (PCF) a mené une très bonne campagne de terrain. Douze ans plus tard Yann Brossat, candidat PCF aux européennes, jeune, élu à Paris, excellente campagne, bonne couverture médiatique, bon orateur. Tous deux on fait de leur mieux et nous en avons fait autant, les résultats malheureusement ont été très décevants puisqu’aucun n’a dépassé les 2%. Avant Marie George, le PCF avait présenté un candidat à chaque élection présidentielle depuis 1981. Est-ce que cela a enrayé, ralenti, inversé le déclin électoral et militant du PCF? A l’évidence, non! Pourquoi en serait-il autrement en 2022, avec moins de militant.e.s sur le terrain, moins d’élus pour relayer, moins de camarades impliqués dans les rangs et dans les directions des associations et des syndicats. La différence est que cette fois un petit score et un trou financier découlant de la campagne pourrait être fatal à notre organisation. Nous serions utiles à quoi après? Ceci étant dit ou plutôt écrit, le soucis que me pose la candidature communiste est ailleurs. Je pense qu’il y a confusion dans la tête de nombreux communistes et d’autres personnes, qui disent être la gauche de la gauche, entre l’action pour transformer en profondeur la société et l’enjeu d’une présidentielle dans le cadre de la 5ème république, d’ailleurs dans le cadre de la 6ème République que nous appelons de nos vœux cette élection n’existerait plus. Quel est donc l’enjeu de l’élection présidentielle de 2022? Changer en profondeur les choses, c’est à dire faire la révolution (notre parti ne doit pas renoncer à cet objectif), ou empêcher la droite et l’extrême droite de conserver ou de conquérir le pouvoir, tout en travaillant la question des législatives et en continuant de nous battre, de convaincre et de rallier des individus à la coconstruction de propositions pour changer le monde. Naturellement nous devons alimenter les débats et les luttes qui traversent la société des propositions élaborées par le collectif communiste organisé qu’est le PCF mais la présidentielle n’est pas la seule tribune qui s’offre à nous. Cette tache, cet objectif, seraient devenus impossible à un parti qui a l’ambition de changer le monde? De la même manière qu’il nous faut inventer le monde d’après, il nous faut inventer le parti d’après, aujourd’hui l’occasion nous en est donnée. Allons nous rater ce dernier coche qui s’offre à nous? Allons nous passer à côté de cette possibilité, de ce rendez-vous, que nous propose l’histoire d’être le premier parti politique à devenir le parti politique d’après. C’est à dire un parti qui sort de la langue de bois, de la politique politicienne, du sectarisme, de l’esprit de chapelle, un parti qui a envie d’inviter la jeunesse à la réflexion et à la révolution; un parti qui travaille pour les autres, pas pour lui, pas pour ses élus; un parti qui propose l’éco – communisme pour la planète et pour l’humanité … Montrons nous différents des autres, montrons notre volonté de déboucher sur une candidature unique de la gauche à la présidentielle et mettons nous d’accord sur un projet de mandat, en faisant avancer le plus possible nos propositions, avec une répartition proportionnelle aux législatives. Nous continuerons à nous battre pour toutes les causes que nous croyons justes et que comme communistes nous défendons. Montrons que notre soucis est le bien être des gens, la défense des ouvriers et des salariés en général, de la planète, de l’Humain et pas l’obsession d’avoir une candidate ou un candidat à la présidentielle, une élection phare de la 5ème république que nous avons toujours dénoncée comme un piège et une impasse démocratiques. Il faut tout tenter pour parvenir à une candidature de gauche, progressiste et écologiste, avec le risque (qui pour moi n’en est pas un) de ne pas avoir à la présidentielle de candidat.e. encarté.e. à notre parti. La population doit ressentir cela dans notre action, et nous en récolterons tous les fruits le moment venu. Il faut mesurer l’espérance qu’a suscité  la rencontre de tous les leaders de gauche le week-end dernier à Paris.  Les gens qui ne veulent pas d’un président de droite ou d’extrême droite espèrent encore que l’on parviendra à un accord. Ne renvoyons pas une autre image que celle d’un parti qui veut arriver à tout prix à chasser Macron du pouvoir pour installer une politique favorable au plus grand nombre. Ni la société, ni le monde du travail, de la précarité, de la pauvreté, ni notre parti, ni ses finances, ni notre nouveau secrétaire national ne sortiraient indemnes d’une déroute électorale, d’un pourcentage inférieur à 3%. Je verse cette contribution au débat mais elle n’appelle pas de réponses et pas d’échanges publics entre camarades sur les réseaux sociaux, j’effacerai donc toutes réactions polémiques. Chacun peut poster sa propre contribution sur sa propre page ou son propre blog, mais les débats contradictoires, parfois vifs, devraient avoir lieu en interne.

Nicolas Garcia.