Au cours de la session du Conseil Départemental du 25 juillet, Hermeline Malherbe a proposé au vote de l’Assemblée une motion soutenant le recours contre la décision de la Région de se nommer « Occitanie » et affirmant dans le même temps sa volonté (unanime désormais) de voir notre region se nommer « Occitanie-Pays Catalan ». Ci dessous l’intervention que j’ai fait au nom du groupe communiste:

« Madame la présidente, mes chers collègues, je suis ravi de constater, au vu des interventions des uns et des autres, qu’est en train de s’élargir le contour d’un large rassemblement exigeant que notre région s’appelle «Occitanie-Pays Catalan» et rien d’autre, que j’appelle de mes vœux pour fin août, ce début d’intervention n’étant pas prévu, j’en reviens à l’intervention au nom du groupe communiste. Madame la Présidente, sans détour et pour qu’il n’y ait aucune confusion possible, je le dis d’emblée, notre groupe émettra sans la moindre réserve un vote favorable à la motion que vous nous proposez. Pour nous elle ne constitue pas une attaque contre « Occitanie » mais une action afin d’ajouter au nom d’ « Occitanie » celui de « Pays Catalan ». De même je veux le dire aussi avec force, dans ce combat il n’y a aucune place pour des arrière-pensées voire des coups tordus qui viseraient au final à déboucher sur « Pyrénées-Méditerranée ». Cela serait une négation tout aussi importante de l’identité de notre territoire. Madame la Présidente nous vous félicitons du contenu de cette motion que vous proposez au vote de l’Assemblée Départementale, nous y voyons la preuve de votre capacité à écouter les catalanes et catalans du nord, de naissance ou de cœur.
Toutefois notre soutien sans réserve ne signifie pas sans remarque et sans explication.
La réforme territoriale voulue par le gouvernement s’est traduite par la diminution du nombre de régions, 13 au lieu de 22. Notre ancienne région Languedoc-Roussillon fusionnant avec Midi-Pyrénées est devenue, espérons provisoirement, « Occitanie ». La disparition de notre identité catalane, au moins dans le nom de la région, est un des dommages collatéraux de cette fusion. Et encore, je ne compte pas les transferts de compétences du département vers la nouvelle région ou la communauté urbaine, induits par la réforme territoriale. D’une certaine manière, cette perte de souveraineté est aussi, une perte d’identité.
Notre groupe a combattu et combat toujours cette réforme dont l’un des objectifs est d’éloigner les centres de décisions du citoyen, comme le prouvent dans leurs fonctionnements les grandes régions, les métropoles, les communautés urbaines.
L’ancien Président du Conseil Général puis du Conseil Régional, Christian Bourquin, refusait avec raison cette réforme et voulait conserver les anciennes régions. Cela nous aurait permis au moins de conserver Roussillon qui a lui seul n’englobait certes pas toute l’identité catalane du nord, mais au moins il identifiait notre territoire. N’oublions pas non plus le rôle joué par Christian Bourquin dans le retrait de « Septimanie ».
Aujourd’hui défendre la langue et la culture catalane est essentiellement l’affaire du département. Nous devons revendiquer et développer avec force notre catalanité qui est un atout et non un supplément d’âme, encore moins, bien sûr, un handicap. Faisons honneur à notre slogan « l’accent catalan de la République Française », même si notre groupe pense que nous sommes et voulons être plus qu’un simple accent. C’est pour cela aussi que notre groupe et notre parti s’oppose et s’opposera à la disparition des Conseils Départementaux, plus ou moins proposée et partagée par la droite et le Parti Socialiste. En défendant le Conseil Départemental et ses compétences essentielles et générales, nous défendons la proximité et la spécificité notamment culturelle du territoire.
Notre vrai recours, notre combat, est aussi celui de procurer aux Conseils Départementaux les moyens de leurs compétences notamment en matière de social et de transports et, pour le notre en particulier, les moyens de défendre et développer notre culture et identité catalanes. Bien évidemment cela passe par de nombreuses décisions et actions. Dans notre département en particulier par la création immédiate d’un office public de la langue et de la culture catalane induisant un partenariat minimal Département-Etat-Région, pouvant et devant s’élargir à d’autres. Office que le Conseil Départemental doit co-présider dès sa création.
Les Pyrénées Orientales, le Roussillon, la Catalogne nord et les catalans ont traversé les siècles avec une personnalité et une identité que les réformes territoriales et les manœuvres politiciennes ne pourront jamais faire disparaitre.
Voilà Madame la présidente, mes chers collègues, la contribution que notre groupe voulait apporter à ce débat certainement plus important que d’aucun ne pourraient le croire. Même si, bien sûr, nous n’oublions pas, les drames de l’actualité, la crise de société que nous traversons, l’emploi, le chômage, le pouvoir d’achat, le logement… qui sont aujourd’hui des enjeux prioritaires et dans la tête de chaque citoyenne et citoyen du département qu’ils se sentent catalans ou pas. Et pour finir madame la présidente vous me permettrez quelques mots en catalan « Visca Catalunya ». »

Nicolas Garcia.

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