Assez faible participation autour de 55%, victoire sans précédent des indépendantistes (51,6%) qui pour la première fois dépassent en pourcentage les 50% et confortent en l’améliorant une large majorité de députés au parlement, entrée historique et inquiétante de l’extrême droite « espagnoliste » (Vox) au parlement catalan, telles sont les leçons principales du scrutin législatif du 14 février en Catalogne sud.

ERC (Esquerra Republicana de Catalunya) le parti d’Oriol Jonqueras, devance d’un député et de 35000 voix Junts per Catalunya mouvement créé par le Président déchu et en exil Carles Puigdemont mais dans l’absolu ce dernier pourrait additionner à son score le résultat du PDeCat (2,5% et 76000 voix), une émanation de son ancien parti, comme lui de centre droit, voilà une « dissidence » qui coûte cher, très cher. En ajoutant les pourcentages de junts et du PDeCat, le centre droit, la gauche réformiste indépendantiste et le PSC font jeu égal autour de 23%. Carles Puigdemont peut regretter de ne pas avoir pu unir à son mouvement Junts, ses ex compères du PDecat. En effet ces derniers le privent sans doute d’une victoire en nombre de députés et peut être même en pourcentage. Les indépendantistes ERC (33 députés), Junts (32 députés) et La CUP, parti indépendantiste le plus à gauche (9 députés), obtiennent donc 74 députés quand la majorité absolue est à 68 sièges. Cela signifie qu’une abstention de la CUP serait suffisante pour qu’une union ERC – Junts dirige la Generalitat de Catalunya et son parlement. Pour cela il faut quand même trouver un accord et se partager le pouvoir entre présidence de la Generalitat et présidence du Parlement de Catalogne. Si les résultats en nombre de députés se confirmaient et que les négociations se passaient bien, Pere Aragones (ERC) pourrait devenir Président de la Generalitat et la présidence du Parlement reviendrait à Junts (peut-être Laura Borras). Le premier parti de la droite « espagnoliste » est pour la première fois un parti d’extrême droite (VOX 7,7%) qui jusqu’alors étaient quasi inexistante en Catalogne, pour le PP de Mariano Rajoy et pour Ciudadan’s c’est une catastrophe, mais cette entrée en force de l’extrême droite au parlement catalan donne froid dans le dos et inquiète tous les démocrates. Elle  démontre toutes les limites de la stratégie de maintien par la force de la Catalogne dans une Espagne une et indivisible sans alternative crédible comme aurait pu l’être une Espagne fédérale. Le PSC semble se refaire la cerise et retrouve des scores anciens (23% et 33 députés), il a manifestement récupéré une partie des voix et des sièges de Ciudadans un parti populiste de droite qui perd 30 députés sur 36, mais les socialistes paraissent bien isolés pour jouer un rôle. En Comu Podem la gauche verte et rouge non indépendantiste où se côtoient écologistes, une partie des communistes et Podemos, qui souffre depuis 2017 d’un manque de clarté sur le dossier de l’indépendance, reste toutefois stable (8 députés) mais ne sera pas en situation de peser ou de jouer les faiseurs de rois comme espéré. In fine ces élections marquent une condamnation populaire et une sanction électorale pour ceux qui ont appliqué ou défendu l’article 155, ceux qui peu ou prou ont justifié les persécutions, les emprisonnements, les poursuites contre les organisateurs du référendum pour l’indépendance de la catalogne en 2017.

Nicolas Garcia.