Ce dimanche 7 août de bon matin quelques tonnes de pêches et autres nectarines ont été déversées de manière anonyme devant la mairie d’Elne entraînant une forte mobilisation des services municipaux pour procéder au nettoyage.
Bien évidemment je me suis immédiatement rendu sur les lieux pour constater les dégâts. J’ai pu recueillir les premières impressions des quelques passants illibériens du petit matin : « c’est dommage les mètres cubes d’eau utilisés pour nettoyer auraient pu servir à arroser des hectares de fruits et légumes » ou encore » si c’est pas malheureux avec le nombre de personnes et d’enfants qui sont trop pauvres pour se payer ces fruits ». Personne n’a revendiqué, ni signé, l’acte qui va coûter de l’argent aux contribuables illibériens, mais le journal l’Agri et son éditorialiste (voir photo ci-dessous), à défaut d’en connaître les auteurs, estiment que cette livraison matinale était destinée à Nicolas Garcia, prétextant une déclaration à l’Indépendant où je serais « favorable à une interdiction totale de l’arrosage agricole dans la vallée du Tech ». Les auteurs de ce geste de colère se sont trompés de cible et l’auteur de l’article n’a manifestement pas lu ce que me fait dire l’Indépendant ( voir ma déclaration sur photo ci-jointe).
Dans cette interview qui n’est pas un communiqué de ma part, je dis que le Préfet des PO a entendu la profession agricole en ne plaçant pas la vallée du Tech en niveau de crise (comme l’ont fait 62 de ses collègues dans toute la France). J’ajoute, ce qui est vrai, que nous sommes proches de cette situation et non pas que j’y suis favorable. D’ailleurs au dernier comité ressource du 26 juillet (ancien comité sécheresse) Mr le Préfet a proposé, à juste titre, le niveau d’alerte renforcée dans ce secteur comme dans deux autres du département, ce qui restreint un peu l’arrosage agricole mais permet aux agriculteurs de continuer à arroser. Cette proposition a été votée à l’unanimité y compris par moi qui était présent.
Je suis premier Vice-Président du Département en charge de l’eau et Président du syndicat mixte des nappes de la plaine du Roussillon dont la mission est de contrôler en qualité et en quantité les nappes pliocènes (profondes) et quaternaires (superficielles) puis de donner ces informations aux services de l’État. Seul le Préfet est habilité à prendre des décisions.
Le Département quant à lui gère deux barrages (Vinça et Caramany), sans oublier la retenue d’eau de la Raho, cela permet le soutien de l’étiage des fleuves Têt et Agly et l’arrosage agricole principalement. Là aussi c’est un arrêté préfectoral qui décide des lâchés d’eau et non le Vice-Président du Conseil Départemental. Par ailleurs le Département (et cela oui dépend de la Présidente, de moi-même et de mon collègue délégué à l’agriculture) a financé à la Chambre d’agriculture des études pour la réalisation de retenues collinaires. C’est dire si nous y sommes favorables, nous travaillons aussi à la réalisation d’un aqueduc Vinça – Villeneuve qui garantirait un remplissage permanent de la retenue et donc l’usage de l’eau de Villeneuve pour l’agriculture, l’eau potable si besoin, et bien évidemment la baignade. Au reste cet aqueduc pourrait, sur son tracé, avoir une déviation vers Les Aspres et alimenter quelques canaux d’arrosage, c’est un investissement de 80 millions d’€. Enfin le Département, et personnellement j’y mets toute ma force de conviction, travaille à la création par les collectivités productrices d’eau d’un syndicat départemental de sécurisation et production d’eau potable qui permettrait une gestion intelligente de l’eau, préserverait la ressource libérant ainsi certains prélèvements qui bénéficieraient au monde agricole. Dernièrement le Département a aussi proposé au Comité Départemental de l’Eau un schéma départemental de l’eau brute porté par la chambre d’agriculture avec notre concours.
Au vu de tout cela j’espère que chacun aura compris que les auteurs du déversement devant la mairie d’Elne se sont trompés de cible.
A titre personnel je suis pour que chacun, mairies, collectivités, individus, agriculteurs, industriels, prenne ses responsabilités et contrôle son usage de l’eau. On ne peut plus regarder ailleurs, faire comme si… et face à la situation climatique adopter des attitudes égoïstes. D’après les rapports du GIEC la planète brûle, sèche, se noie, se meurt et l’humanité avec elle…

Nicolas Garcia.