L’été bat son plein, les chaleurs caniculaires ajoutées au vent (mistral, tramontane…), aux hivers peu pluvieux et peu rigoureux, augmentent les risques et le nombre d’incendies dans le sud de la France, en Espagne et au Portugal notamment. Tout un patrimoine faunistique et floristique part en fumée ou est réduit en cendres. Les pompiers et en particulier les nôtres ceux du SDIS66 font le maximum, prennent des risques, paient un lourd tribut au feu. Les bons choix opérationnels semblent être faits par le commandement. La solidarité nationale et même internationale est une réalité, des colonnes de renfort arrivent de toute la France et de la Generalitat de Catalunya. De ce côté là rien à dire sauf à saluer le courage et l’abnégation des pompiers mais aussi les choix du Conseil Départemental des PO en charge du SDIS.

Mais n’y a t-il rien d’autre à faire qu’attendre et subir les incendies, en se suréquipant de matériel souvent très cher ? Une action en amont ne permettrait-elle pas d’éviter quelques-uns de ces feux géants et coûteux (100000€ pour le dernier dans les PO autour de Montalba et Rodes)?

J’étais il y a 15 jours autour de Toulon (Var), la semaine dernière dans les PO (Aspres) et cette semaine à Cap Salou en plein cœur de la ville catalane qui abrite Port Aventura. A chaque fois je me suis fait  la même réflexion : si volontairement ou accidentellement un feu démarre c’est une catastrophe tant la végétation est à l’abandon, les broussailles prolifères. Sur ces trois exemples deux au moins sont en milieu urbain et l’autre touche aux villages. Dans nos pays européens où la chasse aux fonctionnaires est ouverte, où les budgets publics sont rognés à tous les niveaux ( de l’Etat à la commune), les bras manquent pour entretenir un minimum d’espaces qui peu à peu se transforment en bombes (incendiaires) à retardement. Nul doute que le réchauffement climatique est une donnée relativement nouvelle qui rend la situation plus préoccupante et plus dangereuse encore. Par ailleurs, la désertification des cantons ruraux, de l’arrière pays, la déprise agricole, l’arrachage des vignes, l’abandon de la sylviculture, les difficultés de l’élevage … imposés ou découlant de la loi du marché et du libéralisme, sont autant de facteurs aggravants. Certes il ne faut pas créer l’illusion que tout peut être régler facilement bec des « y a qu’à, faut qu’on », cela dit on ne peut plus ne rien faire et laisser des centaines de milliers d’hectares partir en fumée, sans compter les victimes physiques dont les pompiers et aussi les biens matériels. Sans doute faut-il réfléchir à des programmes européens avec des gestions départementales ou régionales, incluant des formations, des moyens mis en œuvre… Sans doute qu’aux côtés de l’Europe, de l’Etat, des régions, des départements, des communes, il faut mettre à contribution financière les compagnies d’assurances, premières bénéficiaires des retombées de la mise en œuvre de ces programmes. L’idée serait d’entretenir, les forêts, sous bois, maquis, garrigues, de replanter des arbres, d’aider à la réinstallation d’agriculteurs, de sylviculteurs, d’éleveurs… d’aider les collectivités de proximité à faire face. L’inversion de la tendance est à ce prix, si on ne veut pas que des pays comme le Portugal soient entièrement cramés en 3 ans ou des zones comme celle de Montalba/Rodés, celle de Marseille ou celle du Perthus, il n’y a pas si longtemps.

Nicolas Garcia