La constitution française, la déclaration des droits de l’homme l’affirment : un toit c’est un droit ou de façon moins triviale chaque être humain a droit à un logement décent. Or pour les occupants pacifiques de l’ancienne gendarmerie d’Elne ce droit leur est nié. Expulsé sans solution de remplacement, obligé de dormir dans sa voiture avec son enfant de 10 ans faute de proposition, fin d’un hébergement gracieux, tous veulent payer loyer et charges à condition que cela soit adapté à leurs revenus, à leurs situations familiales et sociales  : « Si on fait payer un loyer de  700€ à quelqu’un qui n’a que 1000€ de revenu, tout le monde (bailleur et locataire) sera dans la difficulté quelques mois plus tard. » affirme Pierre, plein de lucidité. Pourquoi l’ancienne gendarmerie d’Elne qui appartient à la commune? Une question d’opportunité! C’est un peu le témoignage d’un système vicié, des familles n’ont pas de logement, dorment dans la rue et là il y a 8 appartements habitables, salubres, fermés depuis des mois. Ils auraient pu servir de logements de secours à 8 familles qui se seraient fait un plaisir de payer! Les occupants ne souhaitent pas rester là at vitam aeternam, ils veulent qu’une solution leur soit proposée, pas nécessairement par la ville d’Elne, qui n’est pas forcément visée dans leur action. « C’est le maire d’Elne qui a décidé de durcir le ton et de troubler l’ordre public » peste l’un des occupants,  « aucun élu n’est venu nous demander ce que nous voulions, on nous a envoyé la police municipale équipée de « gazeuse », gilets pare balle, gants… Puis on nous a coupé l’eau, soudé tous les accès au site avec nous à l’intérieur, contrevenant ainsi à toutes les règles d’humanité, de salubrité, de sécurité. C’est le maire qui a décidé de troubler l’ordre public alors que contrairement à nous il a tous les moyens légaux pour saisir le juge en référé qui décidera des suites à donner à notre affaire. Nous, nous ne craignons pas la justice, car nous estimons être dans notre droit, pourquoi les pouvoirs publics en auraient peur, s’ils sont sûrs d’eux. » poursuit Pierre. En tout cas c’est vrai qu’en France, dans un État de droit, il est interdit de traiter le citoyen français de la sorte surtout lorsque ce dernier n’a commis aucune violence, aucune dégradation et qu’il défend ce qu’il croit être ses droits. Heureusement d’autres illibériens, membres du PCF ou pas, voisins… sont venus apporter leur aide morale et matérielle aux occupants. Ce qu’il manque aujourd’hui c’est de l’eau en jerricane pour les toilettes et la toilette, dans ces beaux appartements où les occupants vont être rapidement rejoints par d’autres (illibériens ou pas) qui vivent la même situation.

Nicolas Garcia.