Réuni pour la première fois le 27 mai 1943 au 48 rue du Four dans le 6e arrondissement de Paris, le Conseil national de la Résistance regroupait représentants des mouvements de Résistance (Libération-nord et sud, Combat, Franc-tireur, OCM, Front national, ceux de la Libération et ceux de la Résistance) des partis politiques (PCF, SFIO, Parti radical-socialiste, Parti démocrate Populaire, Fédération républicaine, Alliance démocratique) et des confédérations syndicales (CGT et CFTC). Présidé par Jean Moulin, il adoptait, après débat, une motion de soutien au Général de Gaulle. Le CNR ne se contente pas de fédérer et d’organiser la Résistance, il prépare aussi un projet de société très ambitieux, très progressiste. Le programme du Conseil National de la Résistance, initialement intitulé « les Jours heureux » est un texte adopté à l’unanimité par ses membres le 15 mars 1944.

Ce texte, de moins d’une dizaine de feuillets, comprend deux parties : un « plan d’actions immédiates » concernant la Résistance intérieure française à mener dans la perspective de la Libération et des mesures à appliquer dès que l’occupant sera chassé. Une sorte de programme de gouvernement qui comprend à la fois des mesures ayant trait à l’épuration et des mesures à plus long terme, comme le rétablissement du suffrage universel, les nationalisations, la création de grands services publics, la retraite, la sécurité sociale…

La postérité a plus retenu la seconde partie, car la majorité des propositions de caractère programmatique fut effectivement adoptée entre la Libération de 1944 et le début de 1946. Par rapport à d’autres programmes de gouvernement, une des spécificités du programme du CNR est d’avoir été adoptée par tout l’éventail politique représenté au sein de la Résistance française.

Elne s’est impliquée depuis longtemps dans ce souvenir, du temps où je dirigeais l’équipe municipale, a mis une plaque commémorative avec citations du Général De Gaulle sur l’avenue qui porte son nom. Ensuite nous avons donné à une rue du lotissement Les Closes le nom du 27 mai 1943. Nous avons été la première commune du département à le faire, d’autres ont suivi. Depuis, chaque année l’Association Nationale des Combattants de la Résistance vient fleurir la plaque. Cette année l’ANACR a invité la mairie, le Conseiller Départemental et responsable du PCF, les anciens combattants, ACPG – CATM et la FNACA mais aussi la FNRDIP (déportés), Le Souvenir Français et espère bien que la ville pavoisera le lieu où la plaque se trouve désormais. Dans une période compliquée comme celle que nous sommes en train de vivre, la démocratie, le rassemblement de toutes les compétences, de toutes bonnes volontés, avait permis de vaincre l’occupant et les collabos en même temps que de construire un monde de nouveau. Aujourd’hui à bien des niveaux, du national au communal, règnent l’autocratie, l’étroitesse, l’exclusion des opposants… il est vrai que tout le monde n’est pas De Gaulle ou Jean Moulin

(Photo de la cérémonie de l’an dernier)

Nicolas Garcia