Frantz Fanon, psychiatre et essayiste français, fortement impliqué dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie et dans un combat international dressant une solidarité entre « frères » opprimés, a dit : « Quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l’oreille, on parle de vous. » Nous étions vingt et cent ce soir, mardi 19 février, sur la place République de Perpignan pour condamner l’antisémitisme mais aussi toutes formes de racismes et de discriminations. En France nous étions des millions. A deux pas du Castillet, Il y avait une sorte d’union sacrée interreligieuse et inter politique, si je peux me permettre l’expression. Se côtoyaient le Rabin, l’Imam, le Pasteur, le prêtre et un peu plus tard place République les communistes (Françoise Fiter, Nicole Gaspon, David Arabia, Nicolas Garcia, René Granmont…), les socialistes autour de leur secrétaire départementale (Ségolène Neuville, Hermeline Malherbe…), Henri Lebeau (Génération.S), Agnès Langevine (EELV), le maire de Perpignan Jean Marc Pujol et une foule d’anonymes, tous venus battre le pavé catalan pour condamner les violences physiques, verbales et écrites contre la communauté juive. L’antisémitisme ne doit pas redevenir le fléau de notre société, pas plus que le racisme ou l’homophobie, il ne constitue une opinion mais un délit. La haine du juif est aussi la haine du musulman, de l’homo, du différent… Mais attention le débat pacifique et correct sur le sionisme ou le néo-sionisme lui n’est pas tabou, car le sionisme est une philosophie politique, dont on peut discuter et que l’on peut démocratiquement combattre, comme le communisme ou le libéralisme.

Nicolas Garcia.