Par un score sans appel, une majorité des députés présents dans l’hémicycle ont décidé que les langues dites régionales auraient droit de citer et droit d’exister dans le pays le plus jacobin d’Europe.

Chacun sait désormais les possibilités que la loi Molac, du nom du député qui l’a introduite, ouvre pour notre patrimoine linguistique et les obligations que cela créé pour nos institutions. Pour notre catalan, en perte de vitesse depuis des décennies malgré les efforts de quelques-uns depuis fort longtemps et la création récente de l’Office Public de la Langue Catalane, c’est peut-être le déclic attendu et espéré depuis des années pour relancer fortement son enseignement, son utilisation courante dans le domaine public, pour sa prise en compte par les pouvoirs publics et donc pour faire exploser le nombre de locuteurs. Cela permettra de multiplier au sein de l’école publique l’enseignement immersif en catalan, de la maternelle au lycée, à condition bien sûr que le financement n’incombe pas aux seules collectivités territoriales déjà asphyxiées par les transferts de charges incessants de la part de l’État vers celles-ci. Cette date du 8 avril revêt modestement un caractère historique. Elle marque à n’en pas douter un tournant important pour ce qui est une richesse pour le pays, une source de développement intellectuel et d’épanouissement pour toute une génération d’élèves qui pourront avec l’apprentissage du catalan « élargir » leur horizon professionnel et culturel, elle enclenchera de nouvelles actions de type changement de nom du Département après un référendum, une proposition que devrait porter les candidats de la majorité du conseil départemental aux prochaines élections départementales.

Nicolas Garcia.

Vice-président du Département66, chargé de la langue et de la culture catalane. Maire d’Elne.