Je participais en ce 4 janvier à l’installation de la première assemblée de la toute nouvelle région issue de la fusion de l’ex Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées. Je peux dire qu’il y avait effervescence dans les locaux toulousains de feu le Conseil Régional de Midi Pyrénées, manifestement trop petits pour accueillir les 158 nouveaux conseillers régionaux. Entre public, presse et élus les couloirs grouillaient de monde, plus ou moins perdu en ce premier lundi de 2016.

Retrouvailles de candidats communistes et de la liste « Nouveau Monde en Commun », devenus élus pour certains et qui siègeront désormais dans un même groupe éponyme, avec une indépendance réelle en son sein pour chaque entité.

La première session a donné lieu à l’élection, sans surprise, de la présidente de la nouvelle assemblée régionale, Carole Delga (candidate de la majorité de gauche régionale « Notre Sud en Commun »). Sa seule concurrente au poste, France Jamet (FN), obtient 40 voix pas une de plus que celles de son camp, 29 élus décident de voter blancs ou nuls. L’ancienne Secrétaire d’Etat au commerce et à l’artisanat, accède facilement au perchoir régional dès le premier tour, même si elle ne recueille que 89 voix de gauche sur les 93 possibles. Dans son premier discours, la nouvelle présidente a rendu hommage à ses prédécesseurs, les défunts Christian Bourquin et Georges Frêche mais aussi Martin Malvy, présent parmi les invités, et Damien Alary, qui jouera sans doute les premiers rôles comme vice-président dans cette assemblée.

Carole Delga a aussi beaucoup parlé de nouvelle gouvernance, de citoyenneté, d’équilibre territorial, des valeurs bien soutenues et débattues entre les deux tours avec la liste Onesta à laquelle participaient EELV et le Front de Gauche dont le PCF. Un discours enfin où il a été beaucoup question d’union territoriale et d’économie avec la première mesure annoncée : un budget de 800 millions d’€ sur 2016 pour favoriser la relance et l’emploi dans le bâtiment et travaux publics de la région. Les représentants des partis ont ensuite pris la parole, exercice dans lequel Jean Luc Gibelin a été le plus politique. Ensuite 51 membres de la commission permanente (30 majorité, 13 FN, 8 droite) ont été élus, puis 15 vice-présidentes et vice-présidents au sein desquels, les communistes Jean Luc Gibelin hérite la sixième vice-présidence (transports-mobilité) et Marie Piqué la quinzième (santé, solidarité, handicap, logement, services publics).  Force est de constater que ce ne sont pas des strapontins, à noter aussi que Serge Regourd (proche du PCF) devrait présider la commission culture et langues régionales, que Patrick Cases co-présidera à part égale avec Véronique Vinet, élue EELV, le groupe « Nouveau Monde en Commun » fort de 27 membres. Enfin Agnes Langevine sera la troisième vice-présidente de la région, en quelque sorte, elle représentera les PO au plus haut niveau de l’exécutif régional. La machine est pratiquement en place, reste maintenant à tenir les paroles données tant aux électrices et électeurs qu’aux partenaires de liste entre les deux tours. Carole Delga s’y est engagée dans son premier discours de présidente, elle y a plutôt intérêt car c’est à cela qu’elle sera jugée par sa majorité et par le peuple de la nouvelle région, plus grande que 13 pays de l’Union Européenne.