La question de la ressource en eau est d’actualité partout en France. Les grands médias en parlent, les arrêtés préfectoraux se multiplient pour rationaliser son usage, comme ici dans les Aspres et la bande côtière Nord (Barcarès – Salanque). Notre département est lui aussi touché même si, en la matière, nous sommes un peu mieux lotis que d’autres. Personne ne songe à nier le réchauffement climatique, la sécheresse récurrente, l’explosion démographique. A l’horizon 2050 notre consommation en eau (60 millions M3 actuellement), nécessitera 20 millions M3 supplémentaires. La raréfaction de l’eau est une réalité! Dans un proche avenir la solidarité, les maillages, la recherche commune de ressources alternatives, seront indispensables. Nul ne doit se croire à l’abri car le SAGE* interdit le pompage du moindre M3 supplémentaire dans le Pliocène (nappes profondes) et l’eau des fleuves ou des nappes superficielles du quaternaire, en apparence inépuisables, sont par définition fragiles et sensibles aux pollutions ou au tarissement suite à une sécheresse qui dure ou à une erreur humaine. Nos cours d’eau sont en déficit endémique, les Aspres aussi. Quant à la zone du Barcarès, l’irréversible biseau salé a déjà largement « pourri » quelques forages. La solution réside dans la maitrise commune de notre ressource d’eau tant en qualité, qu’en quantité ou en prix. En 2020, la loi NOTRe exige de toutes les communes, le transfert de la compétence « eau potable » aux EPCI (communautés de communes). La même loi pousse nombre de conseils départementaux à se désengager de l’eau potable. Fort de son savoir-faire, de son expérience, de son expertise dans le domaine de l’eau, le Département a fait un autre choix. En accord avec sa présidente, le groupe PCF – Front de Gauche, propose de créer, entre EPCI et Conseil départemental, un syndicat mixte de production d’eau potable à l’échelle des PO. Sur le principe du « qui peut le plus peut le moins », ce dernier pourrait aller jusqu’à vendre l’eau aux distributeurs publics ou privés. Ainsi, il financerait tant son fonctionnement que ses investissements. Loin des clivages politiques, avec cette structure de type SIDETOM pour les ordures ménagères ou UDSIST pour le transport et la restauration scolaire, les élus des PO laisseraient aux générations futures un formidable outil collectif de préservation de notre ressource en eau. Nous invitons les citoyens à pousser dans ce sens.

Nicolas Garcia 

* schéma d'aménagement et de gestion de l'eau.