En visite à Perpignan Artur Mas a déclaré « il n’y a pas d’autre voie pour la Catalogne que de devenir un pays d’Europe. »

Il a été Président de la Generalitat de Catalunya (2010 – 2016) et a participé au processus de séparation entre le Principat et l’Espagne. Le PP venait de faire casser par la justice espagnole le statut (l’estatut) négocié avec JL Zapatero (socialiste) lorsque celui-ci dirigeait l’Espagne (2004 – 2011), un « estatut » validé par un vote des parlements espagnols et catalans mais aussi par un référendum en catalogne. Les soupçons de financement illégal de son parti CiU (Convergencia i Unio) transformé depuis en PDeCat (Parti Démocrate Européen Catalan) ne sont rien à côté des « misères » que lui fait la justice espagnole pour avoir permis une votation en novembre 2014 sur l’indépendance de la Catalogne. Il est poursuivi pour cela et bien qu’il ne soit pas jugé, il ne demeure en liberté que parce que la justice a bloqué la totalité de ses biens en guise de caution. Plus tard aux élections législatives en Catalogne bien que sa liste soit arrivée en tête, la CUP « a eu sa peau ». En effet, ce petit parti d’extrême gauche (une dizaine de députés à l’époque) a exigé le retrait de la candidature de Mas à la présidence de la Generalitat de Catalunya contre le soutien à la coalition indépendantiste. Il faut reconnaître, qu’apparemment cela n’a pas posé à l’homme trop de problèmes.  Aujourd’hui Artur Mas est derrière Puigdemont et Quim Torra, issus de la même sensibilité politique (le centre droit).

Et maintenant?

Pourquoi avoir soutenu la motion de censure de Pedro Sanchez (socialiste), alors que les catalans n’ont aucune confiance en ce dernier? D’après l’ex président cela a été un dilemme : « est-il mieux d’avoir au pouvoir une alliance PP – Ciudadanos ou un PSOE affaibli (85 députés sur 350) donc très dépendant des partis indépendantistes catalans et de Podemos à priori favorable au droit de décider en Catalogne ». Et Artur Mas de rajouter « le départ de Rajoy était une question d’Hygiène politique! ». A une autre question sur l’avenir du Principat de Catalunya, l’ex dauphin de Jordi Pujol laissera entendre toute la difficulté de la situation et toute la responsabilité des politiques espagnols, droite et gauche réformiste confondues :  » Des années 1980 à 2000, nous avons et j’ai cru au développement de l’autonomie et d’un gouvernement catalan, doté de plus en plus de pouvoirs en même temps qu’au développement de la démocratie en Espagne. La priorité n’était pas l’indépendance! A partir de 2000 et plus exactement de 2006 un processus de recentralisation espagnol très dur s’est mis en place. Le dialogue auquel je crois et j’ai toujours cru est devenu quasiment impossible, nous avons des prisonniers, des exilés, un nombre incalculables de gens poursuivis, surveillés pour leurs convictions politiques. Désormais, je crois qu’il n’y a pas d’autres choix pour la Catalogne que de devenir un pays membre de l’Europe, non comme la France qui est un très grand pays, mais comme l’Autriche ou le Danemark… ». Le président Mas n’a rien perdu de sa faconde, de son côté charmeur, au demeurant la situation dans le pays qu’il a dirigé amène à faire passer au second plan qu’il est un homme politique aux convictions libérales, mais ça, beaucoup de celles et ceux qui vivent en Catalogne sud, ont décidé que c’était un autre débat.

Nicolas Garcia.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *