Ville haute Elne : les habitants de la rue Molière ne comprennent pas pourquoi la municipalité a changé leur environnement

Depuis des années sous l’impulsion de la regrettée Jeannette, les habitants de la rue Molière au pied de la cathédrale, plantaient, entretenaient, bichonnaient des jardinières et les plantes de la rue, devenue de fait l’une des plus belles de la Ville Haute et même d’Elne. La municipalité en a autoritairement décidé autrement dans le cadre de sa politique de fleurissement des rues. En effet alors qu’il y a des dizaines d’autres rues qui méritent d’être fleuries, la municipalité a eu la triste idée de commencer par cette magnifique rue de la Ville Haute. A la place des jardinières en bois au vieillissement incertain, pleine de substrat mais vide de plantes,  ont été placées les riverains sont obligés d’acheter les plantes, doivent les arroser et même, chose incroyable, les assurer. Plus que toutes explications, lisez ci-dessous l’expression de Sylvaine Candille qui habite la rue Molière depuis près de 10 ans. Ce courrier, partagé par d’autres riverains, permet de comprendre ce qui s’est passé : 

« Il parait que Monsieur le Maire convie les habitants de la ville ancienne à concourir à embellir leur cité. Pourquoi pas ?

Certains, et surtout certaines le faisaient déjà, notamment en ville haute, et plus précisément entre la rue Molière, la rue de la Paix et le parvis de la cathédrale. Depuis 20 ans, elles plantaient, semaient, arrosaient, taillaient une végétation luxuriante, bien entretenue, sans cesse renouvelée. Sans rien demander à personne, juste un peu d’arrosage lorsque la citerne de la mairie passait.

Ces espaces doivent d’ailleurs être célèbres dans le monde entier, tant de nombreux touristes se sont fait photographier devant ce jardin spontané illibérien. Alors, me direz-vous, les « autorités » ont sûrement approché ces citoyennes pour prendre leur avis, leurs conseils pour aider d’autres quartiers à suivre leur exemple ?…

Et bien non. Un beau matin sont arrivés camions et engins pour enlever toute cette végétation qui non seulement embellissait le quartier, mais en plus contribuait au renouvellement de l’atmosphère puisque, comme chacun sait, ce sont les plantes et les arbres qui nous permettent de vivre sur terre en transformant le CO2 en oxygène par le mécanisme de la photosynthèse. A la place ? des containers tous identiques, remplis de terre non végétale, à charge pour les riverains qui ont donné leur accord d’acheter, de planter et d’entretenir (à leurs frais), ces plantations, choisies sur une liste restrictive de plantes supposées être moins consommatrices en eau. Et la question reste posée de savoir si la citerne de la mairie va continuer à passer…

Voici donc la rue Molière (notre chère Jeannette qui en avait fait un Eden végétal doit se retourner dans sa tombe) ressemblant à un entrepôt de caisses inertes toutes étiquetées du logo flagorneur de la mairie « Elne, ville verte, ville belle », probablement bientôt utilisées par tous les chats du quartier pour satisfaire leurs besoins, dans l’attente de plantations hypothétiques à venir…

Si je résume, cette opération est d’abord un déni de citoyenneté puisqu’elle a été menée sans aucun respect  des habitants concernés, de leur expérience, et de leur savoir ; c’est une pratique contraire à la préservation de l’environnement (les plantes enlevées ont été détruites ; on continue à minéraliser la ville au lieu de développer sa végétation), enfin ce sont de nouvelles dépenses inutiles : pour la mairie : achat de containers, au moins 4 journées de travail de 4 à 5 d’employés municipaux et pour les riverains : achat de nouvelles plantes.

Cela peut sembler dérisoire dans la longue liste de destruction des services publics et du bien vivre à Elne engagé par cette municipalité, mais elle en résume bien l’esprit : mépris des habitants, incompétence, gabegie financière. »

Que peut-on rajouter à cela!

Nicolas Garcia.

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