Spectaculaire remobilisation des cheminots qui ne lâchent rien!

Pratiquement 8 conducteurs et contrôleurs sur 10 (autant dire qu’aucun train ne roulait), les cheminots ont dit lundi 14 mai à Macron « l’essoufflement c’est dans tes rêves! ». Ceux des PO, soutenus par une délégation des agents des impôts en lutte eux aussi et par des militants et élus communistes, ont marché vers la préfecture et y ont symboliquement reconstitué un bout de ligne de chemin de fer. Les rails de la colère diront certains, les rails qui conduiront leur lutte vers la victoire jugeront les plus optimistes. Toute l’irresponsabilité du gouvernement et de son patron, le président des riches, saute aux yeux dans l’entêtement à tenter de laisser pourrir un conflit social et à monter des français contre d’autres français. Quand on dirige un pays comme la France, si on veut montrer que l’on a la stature d’un grand chef d’Etat, mieux vaut discuter avec les personnes qui font vivre le service public, même s’elles contestent la politique menée, qu’avec Donald Trump. Car enfin que demandent les cheminots et leurs syndicats? Que la SNCF demeure ou plutôt redevienne réellement une entreprise nationale; que l’on continue d’embaucher des emplois à statut pour la sécurité des usagers et des riverains des voies; que le rail se développe pour redevenir une alternative publique incontournable à la route (voire aux avions) pour le voyageur y compris le scolaire et la marchandise. C’est dans ce sens que les citoyennes et citoyens que nous sommes, les collectivités, les associations, les partis politiques doivent s’approprier cette lutte. Nous ne pouvons pas laisser faire avec le rail ce qui s’est fait avec l’électricité, la téléphonie… Cette lutte est pour la planète, la santé publique, la sécurité, le développement des territoires et de l’économie… Et elle ne devrait plus, pour être à coup sur victorieuse, appartenir qu’aux seuls cheminots mais à toute la société française et en tout cas au peuple.

Un exemple de revendication : Dette de la SNCF, de quoi parle-t-on ?
La SNCF est effectivement handicapée par une dette à hauteur de 53 milliards d’euros (48 milliards d’euros SNCF Réseau et 5 milliards pour SNCF Mobilités). Cette dette résulte d’investissements massifs réalisés sur demande de l’état pour financer les lignes à grandes vitesses (23 milliards d’euros). La contribution réelle de l’État à la SNCF est limitée à 3 milliards d’euros. L’État ne contribue donc qu’à hauteur de 32 % des contributions publiques, alors que c’est 50 % en Allemagne et 90 % en Suède !
Chaque année la SNCF paie avec 1,7 milliards d’euros d’intérêts aux banques, soit l’équivalent de 26.000 emplois au statut. Ce n’est pas le statut des cheminots qui est responsable de la dette. En 2001 il y avait environ 179.000 cheminots au statut, pour 28 milliards d’€ de dette. En 2018, il y a 133.000 cheminots au statut pour 46 milliards d’€ de dette, soit une hausse de 12.8% alors que les emplois au statut ont baissé.
L’État doit libérer l’entreprise publique en reprenant la dette à sa charge, comme l’a fait l’Allemagne en 1994 avec la Deutsch Bahn, endettée alors à hauteur de 34 milliards d’euros, au reste on peut imaginer que l'Etat pour obtenir auprès de la banque européenne de bien meilleur taux que la SNCF n'en obtient auprès des marchés financiers.

Nicolas Garcia.

 

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