Situation des députés prisonniers catalans en Espagne et en Europe : lettre ouverte aux députés français à l’Assemblée Nationale et au parlement européen.

Elne le 1 juin 2019 – Madame la députée, monsieur le député.
À ce jour vous ne pouvez plus ignorer qu’en Espagne et désormais par extension en Europe, les droits fondamentaux inscrits dans les déclarations universelles des droits de l’homme datant de la révolution française ou de l’après deuxième guerre mondiale, sont niés à des élus du peuple, à des militants associatifs et politiques, à des membres et au président d’un gouvernement catalan dûment désignés par leur parlement. Ils sont accusés par le tribunal suprême Espagnol de rébellion et sédition ce que n’ont pas reconnu divers juges de pays européens amenés à se prononcer sur le sujet. Amnistie internationale et au moins un organisme lié à l’ONU, reconnaissent que le sort fait à ces responsables politiques et associatifs, devenus depuis plus de 18 mois des prisonnières et prisonniers est indigne d’une démocratie. Ils sont accusés d’avoir organisé un référendum d’autodétermination et dans la foulée, s’appuyant sur le résultat, d’avoir proclamé la république catalane. Or le référendum porté par deux grandes associations catalanes a eu lieu le 1er octobre 2017, sans violence de la part des organisateurs (les observateurs dont j’étais en témoignent) et sans détournement du moindre euro public (le gouvernement de Mariano Rajoy en a attesté). Quant à la république catalane ceux-là même qui l’ont proclamée, l’ont aussitôt suspendue pour permettre le débat avec l’État espagnol. Aujourd’hui neuf d’entre elles et eux sont jugés dans ce qui ressemble plus à une farce qu’à un procès, cela aussi un certain nombre d’observateurs internationaux et spécialistes du droit en témoignent. Plusieurs autres ont été obligés de prendre le chemin de l’exil pour échapper à la prison, pouvoir mener la lutte et dénoncer les attitudes anti démocratiques de la justice espagnole. Depuis, de nouvelles élections ont eu lieu, législatives et sénatoriales en Espagne mais aussi européennes. Plusieurs de ces prisonniers et exilés politiques ont été élus dont le président et le vice-président déchus de la Generalitat de Catalunya. Quatre au parlement, un au sénat espagnols, trois au parlement européen. A ce jour aucun ne peut siéger. En effet, après avoir pris possession de leur mandat respectif, les cinq qui sont en prison préventive ont été renvoyés par le congrès espagnol dans leur cellule au mépris de la présomption d’innocence et de l’immunité parlementaire. Quant à eux, les deux exilés dont le président Carles Puigdemont, sont les seuls députés élus à n’avoir pu entrer au parlement européen pour prendre possession de leur siège. Comment peut-on quand on est un homme politique, élu, responsable de parti, laisser faire cela sans broncher, c’est inadmissible. Imagine-t-on qu’un problème politique de cette nature puisse trouver sa solution dans un tribunal ? Aujourd’hui, la justice espagnole et pour une part aussi l’État ne font qu’aggraver la situation entre la catalogne et le reste de l’Espagne, renforce les sentiments indépendantistes tout en les rendant irréversibles. Madame, Monsieur le député, si l’indépendantisme est l’affaire des catalans, la démocratie et plus largement les droits de l’homme et du citoyen sont l’affaire de tous les démocrates où qu’ils vivent. Tout politique qui reste muet face cette privation de droits, de démocratie, de liberté court le risque de perdre un jour ses propres droits, sa propre démocratie, sa propre liberté !

Voilà pourquoi, par la présente lettre ouverte, je vous invite, à l’image des 41 sénateurs français, des 130 maires des Pyrénées Orientales, des 42 députés européens, du Conseil Départemental des Pyrénées Orientales et du Conseil Régional d’Occitanie-Pays Catalan, à élaborer et à adopter un manifeste, une protestation, à l’égard de l’État Espagnol et de l’Union Européenne pour que cessent sur le « périmètre » européen de telles atteintes aux droits et aux libertés.

Comptant sur votre attachement aux valeurs de la République, de la Révolution Française, des déclarations et chartes des Droits de l’Homme et du Citoyen, je vous prie de croire, Madame-Monsieur, en mes meilleurs sentiments républicains.
Nicolas Garcia. Vice-président du Département66.

25 réflexions au sujet de « Situation des députés prisonniers catalans en Espagne et en Europe : lettre ouverte aux députés français à l’Assemblée Nationale et au parlement européen. »

  1. Merci M. Garcia de votre lettre, de votre support à la cause catalane, de rompre ce lourd silence sur la Catalogne, de dévoiler ce que l’on cherche à occulter, de défendre en fin de compte la démocratie. Pour une Europe plus démocrate !

    1. Ce monsieur qui de manière certaine n’a rien compris ce qu’est la démocratie devrait retourner aller en Catalogne pour apprendre le castillan

      1. Il est facile bien assis derrière un pupitre de porter des jugements contre des personnes sans défense, emprisonnées
        depuis 2017 et jugées pour des actes non violents avec un risque de 25 ans de prison. Je me demande si vous avez entendu parler du franquisme. Mais peut -être y a t’il des adeptes pour cautionner les dictatures.

    2. Merci M Garcia de votre courage politique. Je me prends à rêver que de très nombreux élus vous imitent. Mais peut-être n’est-ce qu’un rêve ? Soyons prudents et il ne nous arrivera rien !!!!

  2. Résident depuis presque trois décennies à Barcelone, je partage totalement vos propos. Je suis scandalisé par l’attitude tant de la classe politique espagnol comne du « deep state ». Mais je suis encore plus inquiet par le peu de réactions des pays européens, dont la France.
    Merci donc pour votre lettre ouverte.

  3. Mr Garcia, je pense que chez vous, autour de chez vous, dans le 66, dans l’occitanie, en france, il y a de quoi faire, régler des injustices, s occuper de personnes dans le besoin, de personnes neccessitant de l aide ou victimes..
    je vous en prie, mettez vos forces à cela avant d aller voir ce qu il se passe ailleurs..ces politiques independantistes savaient ce qu ils fesaient..quand on veut jouer, on peut gagner comme perdre et comme pour tout adulte qui se respecte, il faut assumer dans la vie..
    vous devriez avoir une pensée pour tous les gens opprimés en catalogne à qui on force à penser, à vivre, à parler, à ecrire comme dans des dictatures voisines..
    arrêtez SVP, de les victimiser..

    1. Madame ou monsieur, j’ai 58 ans et depuis mon adolescence je me bats contre les injustices, jusqu’à ce jour j’ai essayé de défendre, de soutenir, les gens les plus défavorisés. Je ne pense pas avoir de leçons à recevoir de ce côté là, je n’ai pas à en donner non plus. Je suis aussi d’origine andalouse et catalane et m’intéresse à ce qui se passe aux pays que mes pères ont été obligés de quitter en 1939. je m’intéresse aussi à la liberté et la démocratie partout dans le monde. Je ne peux accepter que l’on mette des responsables politiques et associatifs en prison pour avoir contribué à un référendum et proclamé la république catalane aussitôt suspendue. Même si la constitution ne le prévoyait pas. Nous parlons de plus de 25 ans de prison, faut-il que la haine vous anime pour que cela ne vous fasse rien! J’ai énormément de famille en Catalogne, j’y passe beaucoup de temps. Si vous connaissez des gens opprimés parce que non catalan alors signalez moi son cas ou leurs cas, je m’engage à le ou à les défendre comme je défends la liberté des prisonniers politiques dont pourtant aucun n’est de mon bord.

    2. Vous avez raison, ce qu’ils ont fait en toute connaissance de cause est la preuve d’une force de caractère hors du commun.

      Etes vous prêt à sacrifier votre liberté, votre carrière? votre famille? pour défendre vos idées? je ne le pense pas, quant on, comme vous on se trompe de cible..

    3. J’ai pour ma part une pensée pour tout ce que subissent les Catalans du Principat.que l’on veut coloniser encore au XXI ème siècle. Je voudrais savoir quelles sont « ces dictatures voisines » mentionnées dans la réponse de Santi.

  4. Il est grand temps effectivement de réagir tous les démocrates du monde car ce qui se joue avec la quedin catalane, ce n’est pas simplement le conflit Catalogne-Espagne, mais bien le conflit Démocratie- Régime totalitaire.

  5. Je soutiens ce courrier à 100% et l’ai adressé à plusieurs amis hommes politiques dont certains d’origine catalane.Proprietaire de l’agence de presse audiovisuelle nationale AIMV je souhaite vous aider.
    Pourquoi ne pas créer une association française de défense de la démocratie en Catalogne?

  6. Messieurs dans chaques Pays il y a une loi . Le non respect doit etre puni . Ouvrez votre boite de Pandora et vous verrez le resultar

    1. Pourquoi cette peur, cette haine, vous pensez que les peines encourues sont juste et proportionnées? Je sais aussi que Robespierre disait quand une loi est mauvaise le devoir du peuple est de désobéir

    2. Alonso, posez – vous la question: Une Constitution programmée par les relais du franquisme êtes-vous sûr qu’elle ne soit pas contestable ou réformable ? si elle ne l’est pas c’est être partisan des gouvernements dictatoriaux. Il se peut qu’un jour vous soyez du mauvais côté de la barrière.

  7. Merci Mr.Garcia, en vos qualités de vice-président du 66, tout en respectant le ton pacifique cher aux Catalans d’apporter votre contribution pour rompre le mutisme insoutenable et complice du néofranquisme de Madrid.
    Merci pour l’honneur des Catalans, des Français, des Européens, de tous les démocrates, républicains et amoureux de Liberté de nôtre planète.
    Une belle leçon pour faire avancer nôtre chère Europe, celle des êtres humains de bonne volonté.
    Moltes Gràcies.
    Gérard Courrèges

  8. Bon dia, i buenos dias, també. Merci, moltes gràcies . Tenez-nous au courant des retours de votre lettre. Christofol

  9. J’ai adressé une lettre de protestation au président Macron pour la Charte des Langues dites Régionales ou Minoritaires non ratifiée par la France depuis 1992 (et qui a valu la modification de la Constitution avec le nouvel article: »La langue de la République est le Français ») et pour remarquer que lorsque l’on déclare que « l’on ne se mêle pas de la politique des autres pays (Catalogne-Espagne) » pourquoi intervient-on en Syrie, Afrique ou Venezuela ? Arguments insoutenables dans un pays des Droits de l’Homme….et de surcroit donneur de leçons.Cette parodie de justice espagnole où les condamnations sont écrites avant le jugement aurait dû recevoir une réponse ferme de TOUTE L’EUROPE. Une Constitution franquiste d’origine ça se change lorsque le besoin s’en fait sentir.

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