Cela se passe en Catalogne, en Turquie, bref en Europe, avec complicité et silence de nos autorités.

Erdogan, le dictateur en herbe de Turquie a fait arrêter des élus et dirigeants du Parti démocratique des peuples (HDP), principal parti pro-kurde de Turquie. Après des journalistes, des syndicalistes, des fonctionnaires, des opposants politiques… Erdogan emprisonne celles et ceux qui ne pensent pas comme lui. L’Europe se tait, la France se tait, à l’exception bien évidemment des communistes et des progressistes européens et français. A Paris des milliers de manifestants ont défilé́ derrière des banderoles clamant « Stop Erdogan, touchez pas à nos élus», ou encore «La Turquie bombarde, l’Europe reste silencieuse ». Des manifestations ont également eu lieu à Marseille et Rennes, ainsi qu’en  Allemagne, qui abrite la plus importante communauté́ kurde d’Europe. Les co-présidents du HDP, Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag, une dizaine d’autres députés ont été arrêtés par les autorités turques, et neuf responsables et journalistes du principal quotidien d’opposition turc, Cumhuriyet, ont été placés en détention préventive. L’armée turque a par ailleurs récemment bombardé des positions tenues en Syrie par les milices kurdes syriennes, faisant des centaines de morts. Cela se passe en Europe et en tout cas aux portes de l’Europe, dans un pays que d’aucuns envisageaient de faire entrer dans l’Union Européenne. Ces graves dénis de démocratie, ce peuple que l’on assassine, ne semblent pas inquiéter outre mesure ces grands démocrates qui dirigent l’Europe, incessants donneurs de leçons démocratiques et républicaines à la terre entière.

Il y a d’autres pays de l’UE où la démocratie est fortement malmenée, même si c’est moins gravement et moins violemment qu’en Turquie. L’Espagne toute proche, bien couvée et protégée par les dirigeants français et européens viole des droits élémentaires. Exemple, pour avoir organisé un référendum sur l’avenir de la Catalogne, la Présidente du parlement de la Generalitat de Catalunya (Carme Forcadell), un ancien président de la Generalitat (Arthur Mas),  un ancien ministre Francesc Homs, sont poursuivis par la justice espagnole et risquent 10 ans d’inéligibilité, de suspension des droits civiques et familiaux, une forte amande et même de la prison avec sursis. Par ailleurs la maire de la commune de Berga (patrie de Lluis Llach) a été arrêtée, interrogée puis poursuivie pour avoir accroché et refusé de l’enlever ensuite une « Estelada », drapeau de l’indépendantisme catalan, au fronton de sa mairie. Imaginez le président de l’Assemblée Corse poursuivi pour les mêmes raisons ! Et bien la France et l’Europe, si promptes à donner des leçons de démocratie, de liberté… restent muettes face à ces attaques graves contre la démocratie et la liberté d’expression.

Nicolas Garcia.

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