Reus – Catalogne : deux élus, militants de la CUP, convoqués devant le juge pour délit d’opinion.

Alors que le PP (parti de Rajoy) vient de récupérer un siège (4) sur l’autre parti de droite Ciutadans (36), malgré la majorité absolue obtenue le 21-D par les partis indépendantistes sortants, la justice Espagnole poussée par le PP et Ciutadans continue ses poursuites. Désormais plus de 30 personnes sont poursuivies pour sédition, prévarication, incitation à la haine. Pompiers, nouveaux députés, militants associatifs, enseignants, journalistes, fonctionnaires font l’objet d’enquêtes et sont cités à comparaître suite à des plaintes le plus souvent déposées par la Guadia Civil. Ces poursuites concernent même les organisateurs de la Diada, fête nationale des catalans, célébrée  à nouveau tous les 11 septembre depuis la mort de Franco (1976). Cette fête pacifiste, 1 million et demi de personnes sans le moindre incident, sans un papier par terre, sans même un autocollant collé sur un lampadaire, est désormais considérée comme une incitation à la haine par les juges espagnols. Ainsi mercredi 27 décembre, Oriol Ciurana et Marta Llorens, deux conseillers municipaux (CUP) de Reus (Sud de Tarragona) ont été arrêtés par la police, passé la nuit au commissariat et présenté à une juge dans cette même ville où le maire lui même est l’objet d’une enquête pour les mêmes raisons. Leur crime? avoir édité et distribué, après les violences commises contre les catalans le jour du référendum du 1er octobre dans les bureaux de vote, ils ont édité, signé et distribué un manifeste exigeant le départ des policiers espagnols hébergés dans un hôtel à Reus. Elles et il ont ensuite refusé  de comparaître volontairement pour « ce délit » devant la justice espagnole (qu’ils ne reconnaissent pas). Sont aussi poursuivis des députés indépendantistes élus au parlement catalan la semaine dernière. C’est le cas de Martha Rovira qui conduisait les listes de l’ERC (gauche indépendantiste réformiste) alors que le leader de cette formation Oriol Junqueras, vice-président de la Generalitat, est en prison à Madrid depuis le 2 novembre.
Sortis libre du tribunal de Reus!

Après leur audience devant la juge le 28 décembre à 9H00, durant laquelle ils ont fait valoir leur droit à ne pas déclarer devant la juge, ils ont été remis en liberté et « rendus » aux centaines de personnes qui sont venus les soutenir devant le tribunal (la veille au soir les manifestants étaient bien plus nombreux devant la mairie de Reus pour les soutenir et exiger leur libération. Martha Llorens et Oriol Ciurana sont libres mais l’enquête les concernant se poursuit.

Ainsi va la démocratie en Espagne avec l’assentiment de l’Europe. Une honte!
Nicolas Garcia.

 

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