La représentante du gouvernement espagnol en Catalogne (governadora civil) a rencontré le Préfet Philippe Chopin , son homologue français pour le département.

Le socialiste Pedro Sanchez devenu chef de l’Etat Espagnol grâce aux voix des communistes, de Podemos, des indépendantistes catalans et basques (c’est dire combien sa situation est précaire), a nommé Teresa Cunillera, governadora civil d’Espagne en Catalogne (équivalente d’un préfet). Cette femme, militante politique depuis toujours, longtemps députée de la province de Lleida (Catalogne), remplace donc le sinistre Enric Millo qui a joué un « sale » rôle depuis les attentats de l’été dernier à Barcelone et Cambrils jusqu’à la période de préparation et tenue du référendum du 1er octobre, des emprisonnements, persécutions, perquisitions, arrestations, application du 155… Nous pouvons dire, toutes proportions gardées, que son homologue en Catalogne nord est Philippe Chopin le préfet récemment débarqué Quai Sadi-Carnot. Madame Cunillera s’est rendu récemment à Perpignan pour rencontrer le représentant de l’Etat. Manifestement il ne filtrera pas grand chose du contenu des entretiens entre les deux représentants d’Etat durant cette visite, dont très peu de personnes étaient au courant dans le département n’était prévenu. Tout au plus  ce que la nouvelle « préfète » choisie par Madrid en dit  à l’Indépendant, soit pas grand chose. En revanche la responsable socialiste a été plus loquace sur la politique intérieure de l’Espagne et le devenir de la situation en Catalogne. En l’écoutant (ou la lisant), il est clair que la situation vas avoir du mal à avancer. En effet toutes les options ne sont pas sur la table des négociations entre le gouvernement espagnol et la Generalitat, les partis et mouvements indépendantistes (ou simplement qui militent pour la liberté des prisonniers politiques). Comme le dit Mme Cunillera  « Le président de la Generalitat continue d’appuyer sa demande de toujours : l’autodétermination et la libération des dirigeants indépendantistes prisonniers. Là dessus, la position du gouvernement est claire : nous ne déciderons rien qui soit contraire à la Constitution. » A peu de chose prêt c’est le même discours que Rajoy, avec la bestialité en moins. Un peu plus loin la « governadora civil » insiste sur la détermination de son patron. On devine la volonté de faire passer un message!  En direction des « barons » du PSOE? de la bourgeoisie espagnole…? Point positif malgré tout de cette interview : la représentante de l’Etat Espagnol reconnait qu’il y a des prisonniers politiques, citons-la :  « Pedro Sanchez est formel : nous ne fléchirons pas sur les deux questions épineuses qui nous opposent (l’autodétermination et la libération des prisonniers politiques). » En réalité cette visite est un non évènement sauf (et c’est fort possible) si d’autres sujets évoqués sont restés secret comme l’hypothétique venue de Puigdemont à Perpignan en fin de mois, la façade du Conseil Départemental qui jouxte la préfecture, l’activisme des militants et mouvements catalanistes des Pyrénées Orientales… qui sait!

En attendant des femmes et des hommes politiques catalans, militants associatifs, pacifiques et pacifistes, non violents, sont en prison préventive pour un délit déjugé par des justices européennes comme celles d’Allemagne, de Belgique, d’Ecosse et même de Suisse. La situation entre Catalogne et Espagne ne semble pas prête de s’arranger si on en croit Madame Cunillera car en réalité les revendications réelles et profondes des catalans ne sont pas prises en compte. Pas plus que la libération et le retour libre des prisonniers politiques et exilés catalans. Car enfin une justice indépendante n’empêche pas un gouvernement de donner son avis sur l’emprisonnement ou l’obligation de fuir le pays de certains élus, responsables politiques et associatifs. Chacun sait que pour débloquer les tensions visibles ou non en catalogne, il n’y a pas d’autres choix que l’organisation d’un référendum en Catalogne par le gouvernement espagnol et la Generalitat de Catalunya, encadré par l’Union Européenne. L’autre condition est que toutes les options puissent être soumises à l’électorat (l’autodétermination en est une) et que, comme l’ont déjà fait les indépendantistes catalans en exil ou pas, le gouvernement de la Generalitat, le parlement catalan, les différents partis acceptent le résultat quel qu’il soit…

Nicolas Garcia.

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