Procès des indépendantistes catalans : pas de délit – pas de sanction !

En démocratie, mettre des urnes dans des lieux publics avec l’accord de ceux qui ont une autorité reconnue sur ces mêmes locaux, inciter la population à aller voter, manifester ou résister pacifiquement malgré la violence exercée contre soi, constitue-t-il, ou peut-il constituer un délit? C’est la question que pose le procès contre une bonne quinzaine de personnes en Catalogne sud, à tous les démocrates du monde, quelle que soit leur position sur les états – nations. Voilà l’enjeu de la situation qui se déroule sous nos yeux de l’autre côté des Pyrénées. Le parquet Espagnol poursuit les intéressés pour rébellion, sédition, détournement de fond publics, pour lesquels est demandé 25 ans de prison pour Oriol Junqueras dirigeant de l’ERC (vice-président du gouvernement de la Generalitat de Catalunya) ; 17 ans pour Carme Forcadell (venue du mouvement citoyen) présidente du parlement de Catalogne ; 11 ans pour le Major Trapero, « patron des Mossos d’Esquadra » dont l’efficacité durant l’enquête qui a suivi les attentats de Barcelone et Madrid de l’été 2017, a été unanimement reconnue en Europe et dans le monde. Le procureur qui este au nom du gouvernement espagnol ne requiert pas quant à lui la rébellion ce qui peut permettre aux juges de condamner les mêmes à 8, 5 et 3 ans de prison. En apparence certains pourraient s’en féliciter voire s’en gausser ! En vérité, je pense que c’est un sacré coup tordu de l’actuel gouvernement espagnol! Pourquoi ? D’abord  parce que cette « proposition » maintient la notion de délit donc de punition! Ce que contestent bien sur les défenseurs des personnes poursuivies, emprisonnées ou exilées. Par ailleurs cela vise à rendre « acceptable » une condamnation de 5 ans, au regard de la folie des 25 ans d’emprisonnement requis contre Oriol Junqueras par le parquet. Enfin, le délit de rébellion (intenable) supprimé des réquisitions, pourrait permettre de redemander l’extradition de Carles Puigdemont et d’autres exilés aux juges allemands, Belges, écossais ou Suisses.

En réalité les seules revendications possibles, justes et acceptables, sont l’abandon de tout procès contre les catalans poursuivies ; l’organisation d’un référendum en Catalogne sud pacté avec le gouvernement Espagnol et contrôlé par l’Union Européenne sur l’avenir de la Catalogne (Statu quo, Fédéralisme ou indépendance). En dehors de ces deux conditions pas de solutions durables en Catalogne sud.

Nicolas Garcia.

 

 

 

 

 

 

Une réflexion au sujet de « Procès des indépendantistes catalans : pas de délit – pas de sanction ! »

  1. Le silence, l’ indifférence ou la condamnation sans connaître ni appréhender la réalité catalane, voilà la solidarité de la nation française envers la nation catalane. Honte pour la France honte pour l’Europe.

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