Un prisonnier ou un exilé politique catalan sur la liste que soutiendront les communistes aux élections européennes : pourquoi pas?

Samedi 13 et dimanche 14 octobre avait lieu le Conseil National du PCF avec à l’ordre du jour les suites du vote des communistes sur la base commune de discussion et l’organisation du congrès du PCF. C’est une question plutôt interne, je ne la développe pas. En revanche les dirigeants communistes débattaient aussi des élections européennes. Après une intervention liminaire de Ian Brossat, chef de file du PCF pour cette élection, l’échange a eu lieu sur les axes de campagne, l’invitation à rencontre avec d’autres forces politiques progressistes, la composition de la liste… Sur ce dernier sujet, Marie Pierre Vieu, actuelle députée européenne, avait proposé en accord avec Ian Brossat, qu’une ou un prisonnier politique catalan figure sur la liste des européennes. Deux membres du Conseil National sont intervenus en s’interrogeant sur l’opportunité de cette proposition. J’ai été amené à intervenir à mon tour sur le sujet, même si ce n’était pas prévu au départ. Voilà mon intervention : «  Même si cela mérite un temps de réflexion, je trouve la proposition judicieuse et je la partage. Il ne s’agît pas de faire le buz comme on dit mais bien d’un choix politique. En effet, et d’ailleurs notre conseil national n’en a pas assez parlé, il y a au cœur de l’Europe, tout près de chez nous en Catalogne, 9 prisonniers politiques catalans et 9 qui se sont exilés pour ne pas être embastillés à leur tour. Ils ne sont pas jugés et se retrouvent en prison préventive depuis presque un an, dans un pays où si on est condamné à moins de deux ans de prison ferme et que l’on a pas commis un crime de sang ou de terrorisme, la peine est ramenée a du sursis. Comment un communiste pourrait-il accepter cela sans réagir? Elles et ils sont en prison pour avoir contesté une constitution, avoir mis des urnes dans des écoles, les avoir défendus pacifiquement, sans haine, sans violence envers quiconque. Ils avaient un mandat électoral, une promesse à partir de laquelle ils ont été majoritaires au parlement. La policia les a suivis, écoutés, arrêtés, battus… Elle a agressé, tabassé, matraqué … les femmes et les hommes qui les ont suivis en venant voter au référendum du 1er octobre 2017? Cela arrive au cœur de l’Europe et nous ne serions pas indignés?! Un dernier point, ces hommes et ces femmes ne sont pas tous, comme certains au PCF le laissent entendre, des gens de la droite libérale qui veulent imposer des mauvais coups à leurs peuples. Il y a certes des libéraux parmi eux, mais aussi des femmes et des hommes progressistes, certains même étaient dans la mouvance communiste il y a quelques années et puis il y a parmi les exilés une femme anticapitaliste de la CUP. Alors oui, je crois que la moindre des choses serait qu’une liste communiste ou soutenu par le Parti Communiste compte, en guise de soutien, d’éclairage sur cette situation si particulière, une ou un prisonnier politiques ou une ou un exilé, pour que le débat vienne sur la scène européenne avec plus de force. Nous nous grandirions!  » 

Nicolas Garcia.

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