Pendant et après la crise du COVID19, réinventons les jours heureux !

Combien de temps va durer cette situation ? Avec le confinement nous réapprenons des gestes solidaires simples, des actes ordinaires de la vie quotidienne. Tout d’un coup, nous prenons le temps, nous avons le temps. Nous voyons, nous sentons, nous entendons, nous ressentons des choses que nous avions oubliées. La crise sanitaire due à la pandémie du COVID19 montre la fragilité de nos sociétés et l’extrême responsabilité du système capitaliste sous sa forme ultralibérale qui fait de tout une marchandise, délocalise, exploite, maintient dans la misère pour mieux capitaliser. Les marchés financiers, gonflés de l’argent tiré de la production et de l’exploitation, brassent chaque année des millions de milliards de dollars qui changent de poches sans vraiment améliorer la situation des entreprises. Ils ont besoin d’austérité, de délocalisations, de moins de services publics… Mais à quoi ont servi leurs milliards durant cette crise ? A rien ! Combien de masques, de gel hydroalcoolique, d’appareils respiratoires ont-ils fourni? Ou permis d’acheter ? Aucun.  Au contraire la suraccumulation financière continue avec la spéculation sur les produits alimentaires, sur le pétrole, sur les trusts pharmaceutiques… La bourse n’étant pas confinée, chaque jour des milliards de dollars changent de mains ou de comptes bancaires, anonymes comme il se doit.

« Nous sommes en guerre ! » a martelé le E Macron ! Nous vaincrons cet ennemi mais comme le Conseil National de la Résistance en 1943, nous devons en sortir avec une nouvelle ambition de « jours heureux », avec le projet d’un monde nouveau, le productivisme en moins.

Le COVID19 tuera au final quelques dizaines de milliers de personnes et à juste titre la plupart des Etats déploient des dispositifs de protection tout droit sortis de films de science-fiction pour en réduire le nombre. Faut-il rappeler que la faim décime 25000 personnes chaque jour dans le monde ? Pourtant ni les pays touchés, souvent gangrenés par la corruption et sous le joug de dictatures, ni les riches peu ou pas frappés par ce fléau, ni les organismes internationaux ne prennent ou n’appellent à des dispositifs de l’ampleur de ceux mis en œuvre aujourd’hui. Au reste une grande majorité du peuple à l’air de s’en moquer éperdument. N’oublions pas non plus les millions d’humains, souvent des enfants, victimes quotidiennes de maladies que nous savons guérir depuis 150 ans. Le monde a eu plusieurs alertes récentes montrant que notre environnement est de plus en plus incompatible avec un système où l’argent règne en maître. Les gouvernements ont confié un énorme pouvoir aux marchés financiers qui imposent leurs normes et leurs critères. Les dérèglements climatiques (inondations, cyclones, sécheresses, incendies géants), l’épuisement en quelques mois des ressources annuelles de la planète, la destruction d’écosystèmes… Le modèle économique dominant dans le monde a tellement priorisé la recherche de profit immédiat, la suraccumulation du capital, la spéculation, l’austérité, la rentabilité, l’égoïsme, l’individualisme… au détriment de la planète, des services publics, de santé notamment, de l’emploi et de la stabilité financière, qu’un simple virus peut détruire ce colosse aux pieds d’argile.

Un autre monde est possible !

Profiterons-nous de cette crise pour en inventer un monde nouveau, basé sur d’autres valeurs, avec un rôle différent pour l’argent et le travail ? Là est la question ! Un monde tourné vers l’épanouissement et le bonheur des individus ; un monde où toute l’humanité profite des bienfaits de la mondialisation à savoir : le progrès des sciences et des techniques, de la révolution informationnelle… ; un monde de codéveloppement et de coopération au niveau local, national et international ; un monde où le travail, l’activité sociale, la protection de l’environnement, l’altruisme… et l’investissement qui les favorise, seront valorisés, avantagés, soutenus ; un monde où les activités boursières, l’évasion fiscale, la spéculation, la rentabilité financière et l’accumulation du capital… seraient sinon interdites, du moins très largement taxées à l’image des jeux d’argent au casino ; un monde où le respect de la planète et de l’être humain serait la finalité de l’activité économique ; un monde de services publics de santé, de transports, d’éducation ; un monde où la terre, l’air, l’énergie et l’eau échappent à toute spéculation, accaparement, marchandisation.

Et après ?

La période de confinement passera, ce virus sera vaincu, sans doute d’autres viendront. La crise du Covid-19 met en lumière les déficiences du système financier international, l’impuissance croissante des organismes internationaux, et les choix désastreux des banques centrales, entièrement consacrés à préserver les banques, les marchés financiers et leurs profits. Plus que jamais, elle confirme la nécessité de nouvelles institutions et de nouvelles politiques monétaires européennes et mondiales pour financer le développement, les services publics, et l’environnement. Elle confirme aussi la nécessité d’institutions et de mesures de politique économique qui, durant les baisses d’activité, préserveraient les salariés, leurs compétences et leur emploi, au lieu de préserver le capital financier et sa valeur.

S’engager !

Nous serions fous de reprendre notre vie comme avant la crise sanitaire, d’accepter ce que nous avons accepté jusqu’à présent, de nous laisser manipuler par des sondages ou par une certaine presse au service de la pensée unique. Cela voudrait dire que nous n’aurions rien appris de cette crise sanitaire ! Syndiqué, membre d’un parti politique, d’une association ou membre de rien du tout, chacun d’entre nous a un rôle à jouer.

Comment faire ? Je ne sais pas, mais je sais qu’il faut le faire ! Pas renoncer ! S’engager ! S’ouvrir aux autres, chercher à construire ensemble, lutter contre l’individualisme et favoriser l’altruisme, faire du commun en commun ! Relocaliser nos productions, respecter notre terre, refuser les politiques libérales et tous les dogmes quelle qu’en soit la couleur. S’engager ! Penser à l’autre, celui du bout de la rue et celle du bout du monde. S’engager ! Moi -même j’avais décidé de « raccrocher les gants », l’âge de la retraite venue. Cette crise et ce confinement, la campagne électorale et le projet portés par le collectif « Elne comm’une idée neuve » me font réfléchir à ne rien lâcher, à continuer de me battre, différemment, à une autre place, à celle qui me reviendra, au nom de tous les miens et au nom de tous les autres, pour construire de nouveaux jours heureux.

Nicolas Garcia.

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