Le PCF demande la libération des prisonniers politiques catalans en Espagne et Allemagne.

Une déclaration de la direction nationale du PCF. Paris, le 27 mars 2018.

Les nouvelles décisions prises par le Tribunal Suprême espagnol de placer en détention préventive les principaux dirigeants des partis indépendantistes catalans constituent de graves atteintes aux libertés démocratiques. Toute question politique doit être abordée et résolue par la voie du dialogue et non par une répression judiciaire et policière démesurées. Cette décision inique intervient alors que, dans le même temps, plusieurs décisions de la justice espagnole qui bafouent la liberté d’expression et les droits démocratiques citoyens, justifieraient que ces questions – comme le demandent les forces de la gauche progressiste espagnole, dont la Gauche Unie et les communistes dans « Unidos Podemos » – puissent déboucher sur « une homologation du Code pénal espagnol aux règlements internationaux et à la jurisprudence européenne » qui doit elle-même être démocratisée. Le Parti communiste français est en cela solidaire des forces démocratiques de l’état espagnol qui cherchent une réponse unitaire pour mettre fin à l’autoritarisme et à la répression du gouvernement de Mariano Rajoy. Nous demandons la libération des prisonniers politiques,  la non extradition de Carles Puidgemont par l’Allemagne et une prise de position de la France en ce sens.

Ma réaction à la situation en Catalogne.

« Comme dit la députée Européenne communiste Marie-Pierre Vieu « Ce qui se passe en Espagne est une honte absolue ! » et il faut s’en indigner, si nous n’en sommes pas capables la facture démocratique sera lourde. L’arrestation de Carles Puigdemont désormais reconnu par tous les « souverainistes » de catalogne comme leur Président est l’étincelle qui pourrait mettre le feu aux poudres et en finir avec le pacifisme caractéristique du mouvement porteur de la République Catalane. La situation en vérité est devenue explosive dès l’emprisonnement des 5 députés dans la nuit du vendredi 22 mars, parmi eux se trouvaient Carme Forcadell, présidente du « Parlament de Catalunya » jusqu’à la l’application par Madrid de l’ignoble article 155 et Jordi Turull pressenti pour être Président de la Generalitat dès le samedi 24 mars. Si un doute subsistait, la certitude est maintenant acquise que la justice espagnole est inféodée au pouvoir autoritaire de Rajoy soutenu par le roi Felipe VI. Elle ne suit plus son cours normal mais celui de l’élection du Président de la Generalitat et de la vie démocratique du « Parlament de Catalunya » issu des élections organisées par l’état espagnol le 21 décembre dernier. A mon avis entre vendredi et dimanche on a pratiquement tué et enterré la maigre possibilité qu’il restait de voir émerger une solution fédéraliste en Espagne. Le gouvernement espagnol et l’Europe contribuent à rendre les divisions irréversibles en poussant de manière irresponsable, la société catalane vers le chaos ou pire, l’affrontement. Je suis de près ces évènements depuis  des mois et jamais je n’avais ressenti comme ce week-end sur place, la possibilité d’une explosion violente. Le gouvernement de Madrid et les dirigeants européens jouent avec le feu et ne mesurent pas la gravité de la situation. Nous devons exiger, les peuples doivent exiger, au plus vite, la libération immédiate des prisonniers politiques catalans sans condition ni poursuite, le retour des exilés, la reconnaissance par l’Espagne et le monde du gouvernement que se donnera le parlement catalan élu le 21 décembre et un débat démocratique, ponctué par un référendum, contrôlé par l’Europe et la Generalitat, où toutes les options seraient sur la table dont la création d’une république catalane indépendante. »

 

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