Nouvelle exposition à la Maternité d’Elne où le 7 décembre 1939 est né le premier enfant de réfugiés espagnols.

Il y avait, et c’est une déception, une trop faible participation pour l’inauguration, samedi 16 mars, de la nouvelle exposition présentée à la Maternité d’Elne par son commissaire Eric Forcada, auteur d’un travail remarquable. Quatre salle occupées, un travail en croix à l’image de la forme que l’architecte avait donné au « petit palais » comme disent les catalans du sud, comme celle qui figure sur le drapeau Suisse, ou encore celle qui symbolise la Croix Rouge pour laquelle Elisabeth Eidenbenz avait finalement peu d’empathie. Des panneaux sur fond rouge, pour les mêmes raisons? Du beau travail qui emplie à nouveau la Maternité, quelque peu vide de matière ces derniers temps, des enfants qu’elle a vu naître pour les sauver mais aussi des héroïnes de ce sauvetage et en premier lieu la « Señorita Isabel ». Avec 38000 visiteurs en 2018 (30% de plus que le Cloître), le beau lieu et la belle histoire pourraient battre des records de visites en 2019, année du 80ème anniversaire de la Retirada et de la naissance du premier bébé (le 7 décembre 1939). Comme quoi l’acquisition et les investissement consenties de 2004 à 2014 au Château d’en Bardou étaient un bon choix, pourtant décrié par certains qui applaudissaient hier. Toutefois revenons à l’essentiel, une exposition soutenue financièrement par le Département et la Région, qui sera vue et entendue en quatre langues. Juste ce qu’il faut de texte, plein de photos, triées sur le volet et des évènements remis dans leur contexte : une guerre civile perdue par la République et la démocratie contre des fascistes appelés franquistes à cause de leur chef, dont la bestiale répression fit quitter l’Espagne à 475000 personnes civils et militaires de tous âges, de tout sexe, de toutes conditions ou presque, tous trés attachés à la République et à ses valeurs et pour beaucoup d’entre eux communistes, anarchistes, socialistes, indépendantistes Catalans ou Basques … Elles et ils furent tristement et trés durement accueillis par les autorités françaises, certes débordées tout autant par la marée humaine en guenilles mais digne qui se présentait aux frontières que par les idées fascistes qui gagnaient du terrain dans l’opinion européenne et française. Eric Forcada n’a pas fait dans le pathos mais dans l’histoire et la réflexion, pour que cela soit utile aux générations futures. C’était aussi le souhait d’Elisabeth Eidenbenz, qu’elle répétait à chacune de nos rencontres. Dans son mot de bienvenue la maire de la commune d’Elne a tenu sobrement à rappeler au travers de la lecture d’une lettre du maire d’Elne de l’époque et d’une motion votée par le conseil municipal, l’humanisme et le soutien dont firent preuve les illibériens durant les quatre jours interminables où les colonnes de réfugiés se dirigeant vers le camp d’Argelès traversaient Elne. « Dans son Enfer Dante n’a rien vu…! » écrira notamment Louis Marcerou, édile Illibérien en février 1939. Exposition à visiter ou à faire visiter, comme je le fais en ce dimanche 17 mars avec un groupe organisé par la commune d’Alénya.

Nicolas Garcia.

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