Nous n’avons pas manifesté, contre Machado ou contre le souvenir de la Retirada.

Il n’est pas acceptable que des gens venus d’Espagne, de Catalogne nord ou de France pour rendre hommage, certains pour la première fois, à Machado et à ceux qui vécurent la Retirada, l’enfermement dans les « camps des sables », puis l’exil, donnent des leçons à celles et ceux qui ont manifesté dimanche 24 février en faveur des prisonniers politiques catalans. De même Il n’est pas tolérable que des gens ayant accepté (par faiblesse) la substitution du mot concentration par internement sur le monolithe rappelant le souvenir du camp d’Argelès, jugent les manifestants contre la venue de Pedro Sanchez, chef d’un Etat Espagnol qui viole la démocratie et la liberté d’expression, en tout cas durant les évènements touchant la Catalogne depuis des années et singulièrement depuis septembre 2017. Il y avait aussi du côté des protestataires des enfants de la Retirada dont les familles furent terriblement meurtrie par le soulèvement franquiste et ses conséquences terribles. Car enfin dimanche 24 février les commémorations à Collioure et surtout à Argelès étaient  organisées par l’Etat Espagnol pour son chef de gouvernement, en campagne électorale puisque des élections législatives sont convoquées pour le 28 avril. Certes ces hommages visaient Antonio Machado et l’exil espagnol mais pas un édile français (maire, ministre … ) n’y a pris la parole, n’a déposé de fleurs, n’a dévoilé de plaque. Dailleurs seul une poignée de personnes entourait P Sanchez à Collioure et peu d’élus ou ex élus à Argelès, pas de Jean Carrère, de Pierre Aylagas, de Carole Delga, d’Hermeline Malherbe…, aucun ministre ou secrétaire d’état…  A Collioure l’hommage n’a pas duré 5 minutes, le temps pour Sanchez de déposer une gerbe aux couleurs du drapeau choisi par Franco après la victoire et non à celles de la bandera « tricolora » (violet, rouge et jaune) de « la República » arborée fièrement par les antifranquistes (comme Machado) que l’on était sensé honorer dimanche tant à Collioure qu’à Argelès. Ce qui a fait dire à une fille de Républicain Espagnol « pour faire ça, ce n’était pas la peine…! ». Au monolithe du triste camp, officiellement qualifié « de concentration » par  les autorités françaises de l’époque, le maître de cérémonie était un fonctionnaire ibère, le chef de l’état espagnol a été le seul à prendre la parole bien sur dans sa langue et il a dévoilé seul la plaque ajoutée à la stèle. Aucun élu français, aucune association, n’a été invité à partager l’acte avec lui. Les deux cérémonies, décriées bruyamment par 500 manifestants (et non une vingtaine comme l’a écrit une journaliste du quotidien départemental), parmi lesquels quelques « gilets jaunes », qui avaient « divisé leurs forces » entre Collioure et Argelès, n’étaient peut être finalement qu’un acte de propagande politique pour un chef de parti en campagne électorale dans son pays ou pour un Etat qui doit se redorer le blason démocratique. Je croirai à ces excuses de l’Etat Espagnol, lorsqu’elles seront faites depuis « Las Cortes » (parlement espagnol) antre de la « démocratie » espagnole (même si celle-ci dérive); lorsque le Valle de los Caïdos sera démantelé (mausolée de Franco dont l’entretien est encore financé par l’Etat Espagnol); quand officiellement en Espagne Franco sera un dictateur sanguinaire qui a pris le pouvoir par la force et a dirigé une des plus dure dictature au monde durant plus de 35 ans et qu’on l’aura jugé; lorsque le juge Garzon suspendu 10 ans pour avoir fouillé dans les poubelles du franquisme pourra exercer à nouveau; lorsque le bourbon espagnol aura aussi peu de pouvoir que son cousin français et que les couleurs de la troisième république espagnole seront le violet, le jaune et le rouge…  En tout cas il était trés douloureux de voir plus de 150 gendarmes, policiers, gardes du corps, chauffeurs, collaborateurs, véhicules… transformer Collioure en camp retranché et boucler l’emplacement du camp d’Argelès avec barrières et ruban de chantier en guise de barbelés et à nouveau les forces de l’ordre envahir cette plage, où nos aïeux, nos frères républicains, ont tant souffert.

Nicolas Garcia.

 

 

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