La « mère des églises » a été découverte à Elne par les archéologues du Conseil Départemental!

Samedi 10 mars, à l’espace Gavroche d’Elne, présentation de la cathédrale primitive d’Illibéris. Deux cents personnes se sont pressées dans la salle du Cinéma Vautier de la ville au Cloître, certaines sont même restées devant la porte. Avec le maire d’Elne nous avons ouvert la présentation de cette importante découverte qui ne peut en rester là et qui est le fruit d’un partenariat entre le Département dont les équipes réalisent les fouilles gracieusement, la commune, la DRAC, l’Université de Perpignan. Bel exemple de coopération, preuve qu’il est possible de travailler ensemble. 

De quoi parle-t-on?

La ville d’Elne possède un riche passé avec 25 siècles d’occupation ininterrompue. Installée sur un promontoire (oppidum) qui domine la plaine du Roussillon, au carrefour de grandes voies commerciales, elle est la plus ancienne cité habitée du Roussillon. Finalisé entre le Département et la municipalité d’Elne en 2013, le chantier archéologique est ouvert en 2015 aux abords de l’actuelle cathédrale Illibérienne, sur le plateau des Garaffes. Cette fouille s’active tous les étés au mois de juillet et accueille des étudiants venus de toute la France pour se former à l’archéologie. Elle est réalisée sous le contrôle scientifique de la Direction Régionale des Affaires Culturelles et menée en partenariat avec la municipalité d’Elne et l’Université de Perpignan Via-Domitia.

Cette fouille archéologique, s’étend sur 200 m à l’emplacement d’une petite chapelle (Saint-Etienne) faisant partie de l’ensemble cathédral d’époque romane. Celle-ci est mentionnée pour la première fois dans les textes en 934. Elle a été détruite après la Révolution lors de la vente des biens de l’église et il n’en reste aujourd’hui que peu de vestiges. Seule une partie de l’abside est conservée, les murs ont été épierrés pour faire office de carrière à matériaux. La persévérance dans les recherches a permis la mis à jour des murs puissants, sous la chapelle Saint-Etienne. Il s’agit d’un grand bâtiment, orienté comme une église.

La mère des églises!

Aujourd’hui, les archéologues ont acquis la conviction que cette grande église, antérieure à la cathédrale actuelle et aussi imposante qu’elle, n’est autre que la cathédrale primitive, en d’autres mots « la mère des églises ». Une découverte majeure, d’un point de vue patrimonial et scientifique. Cet édifice, dont malheureusement seules les fondations sont conservées, a été construit dans le courant du VIe siècle. Elle a été érigée en bordure du plateau, certainement trop près de la pente et une partie du chevet s’est effondré dans la falaise motivant la construction d’une nouvelle cathédrale, la cathédrale actuelle, un peu plus en retrait. Il s’agit d’une découverte remarquable, qui éclaire d’un jour nouveau non seulement l’histoire d’Elne, mais aussi celle du Diocèse et du début du christianisme en Roussillon. Les archéologues n’ont pour l’instant dégagé qu’une petite partie de ce bâtiment qui était presque aussi imposant que la cathédrale actuelle. Cela faisait plus d’un siècle que l’on recherchait et que l’on s’interrogeait sur l’emplacement de cette première cathédrale. C’est dire l’importance de cette découverte, les bouleversements qu’elle entraîne et surtout les questions nouvelles qu’elle pose.

Cette conférence présentée par Olivier Passarrius, docteur en archéologie et responsable du Service Archéologique Départemental, Aymat Catafau, maître de conférence en Histoire médiévale à l’Université de Perpignan-Via Domitia et Sylvain Lambert, ingénieur-topographe au Service Archéologique Départemental, est organisée par le Département et la municipalité d’Elne. Une conférence qui a recueilli un vrai succès populaire, une découverte qui conforte Illiberis, Castrum Helenae, Elna comme un des cœurs de l’histoire de la catalogne nord.

Nicolas Garcia.

 

Un public très nombreux (200 personnes) et très attentif.

Aymat Catafau, maître de conférence en Histoire médiévale à l’Université de Perpignan-Via Domitia

Olivier Passarius, un illibérien, archéologue au service archéologie du Conseil Départemental.

Sylvain Lambert, ingénieur-topographe au Service Archéologique Départemental

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *