L’été en pente douce de la municipalité d’Elne.

Trois mois d’été viennent de s’écouler à Elne. Ils se traduisent par un glissement encore plus net de la municipalité d’Elne vers l’autoritarisme, le sectarisme, les erreurs de gestion. Au delà des décisions coûteuses comme la création d’une 4ème fresque murale (sans marché public, ni même sollicitation de trois devis) ou comme des aménagements en peinture sur d’une voirie tellement abimée qu’il faudra la refaire très rapidement, l’été a commencé par les affaires du Bocal du Tech et de la piscine municipale. Début Juillet la municipalité décide de fermer le poste de secours sur la plage du Bocal du Tech, ouvert 10 ans plutôt par la précédente équipe municipale pour « reconquérir la plage d’Elne ». Saisi, par nous et d’autres, confronté au mécontentement populaire, le Préfet rappelle à l’ordre le maire et l’oblige à rouvrir le poste de secours. Bilan : perte de temps et surtout d’argent pour la commune et le contribuable.

En même temps Illibériennes et Illibériens apprennent consternés au début de l’été 2018(notre présence au conseil municipal a permis de le faire savoir), la fermeture probablement définitive de la piscine municipale. Immédiatement une poignée de citoyennes et citoyens d’Elne, parents d’élèves, militants du PCF, recueillent 1000 signatures contre cette décision et obtiennent après moultes manifestations un rendez-vous avec le maire. Celui-ci ne donnera rien. Notre piscine municipale où tant de jeunes d’Elne se sont baignés depuis 1974, que l’actuelle municipalité a laissé dégrader depuis 2014 (4 ans sans entretien ou presque), a donc été abandonnée. Ne sachant pas (du propre aveu du maire au conseil municipal) ce qu’il allait faire de la piscine, celle-ci est restée pleine d’eau sans traitement ni filtration. Cette situation allant à l’encontre des recommandations du plan départemental anti moustiques Tigres, là aussi le maire a été « pris par la patrouille » comme on dit et a vidé tous les bassins (voir photo), rendant quasiment impossible la récupération de la piscine municipale. Au moins 80 entrées quotidiennes (essentiellement des enfants) sont sacrifiées, en même temps que la navette qui conduisait à la plage tout l’été.

Je passe rapidement sur la circulation alternée de la route de Latour Bas Elne, chacun jugera de son opportunité, pour en arriver à la rue du Four à Chaux, mise partiellement en sens unique (est-ouest) rapidement et en catimini. Aucune concertation avec les riverains et les usagers, aucune annonce de travaux. Moi même conseiller municipal, habitant la rue n’en avais jamais entendu parler. Je me suis absenté un long week-end et à mon retour je me suis aperçu que tout était déjà mis en place.

Pour mémoire, je rappelle que lorsque l’ancienne municipalité que je dirigeais avait transformé en sens unique l’avenue General Leclerc, la concertation avait duré un an, questionnaires, quatre réunions publiques, chaque stationnement, chaque chicane, chaque jardinière, ont été le fruit d’échanges avec les riverains.

Cerise sur le gâteau de cet été autoritaire : le massacre de la rue Molière jusqu’au pied de la Cathédrale. Depuis des années sous l’impulsion de la regrettée Jeannette, les habitants de la rue plantaient, entretenaient, des jardinières et autres plantes de la rue, devenue de fait l’une des plus belles de la Ville Haute et même d’Elne. La municipalité en a autoritairement décidé autrement. Plus que toutes explications, voici ci-dessous l’expression de Sylvaine Candille qui habite la rue Molière depuis près de 10 ans. Ce courrier, partagé par d’autres riverains, permet de comprendre ce qui s’est passé :

« Il parait que Monsieur le Maire convie les habitants de la ville ancienne à concourir à embellir leur cité. Pourquoi pas ?

Certains, et surtout certaines le faisaient déjà, notamment en ville haute, et plus précisément entre la rue Molière, la rue de la Paix et le parvis de la cathédrale. Depuis 20 ans, elles plantaient, semaient, arrosaient, taillaient une végétation luxuriante, bien entretenue, sans cesse renouvelée. Sans rien demander à personne, juste un peu d’arrosage lorsque la citerne de la mairie passait.

Ces espaces doivent d’ailleurs être célèbres dans le monde entier, tant de nombreux touristes se sont fait photographier devant ce jardin spontané illibérien. Alors, me direz-vous, les « autorités » ont sûrement approché ces citoyennes pour prendre leur avis, leurs conseils pour aider d’autres quartiers à suivre leur exemple ?…

Et bien non. Un beau matin sont arrivés camions et engins pour enlever toute cette végétation qui non seulement embellissait le quartier, mais en plus contribuait au renouvellement de l’atmosphère puisque, comme chacun sait, ce sont les plantes et les arbres qui nous permettent de vivre sur terre en transformant le CO2 en oxygène par le mécanisme de la photosynthèse. A la place ? des containers tous identiques, remplis de terre non végétale, à charge pour les riverains qui ont donné leur accord d’acheter, de planter et d’entretenir (à leurs frais), ces plantations, choisies sur une liste restrictive de plantes supposées être moins consommatrices en eau. Et la question reste posée de savoir si la citerne de la mairie va continuer à passer…

Voici donc la rue Molière (notre chère Jeannette qui en avait fait un Eden végétal doit se retourner dans sa tombe) ressemblant à un entrepôt de caisses inertes toutes étiquetées du logo flagorneur de la mairie « Elne, ville verte, ville belle », probablement bientôt utilisées par tous les chats du quartier pour satisfaire leurs besoins, dans l’attente de plantations hypothétiques à venir…

Si je résume, cette opération est d’abord un déni de citoyenneté puisqu’elle a été menée sans aucun respect  des habitants concernés, de leur expérience, et de leur savoir ; c’est une pratique contraire à la préservation de l’environnement (les plantes enlevées ont été détruites ; on continue à minéraliser la ville au lieu de développer sa végétation), enfin ce sont de nouvelles dépenses inutiles : pour la mairie : achat de containers, au moins 4 journées de travail de 4 à 5 d’employés municipaux et pour les riverains : achat de nouvelles plantes.

Cela peut sembler dérisoire dans la longue liste de destruction des services publics et du bien vivre à Elne engagé par cette municipalité, mais elle en résume bien l’esprit : mépris des habitants, incompétence, gabegie financière. »

Je n’ai rien à rajouter!

Nicolas Garcia.

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