Législatives dans les PO : France Insoumise envoie une nouvelle fin de non recevoir au PCF / Front de Gauche!

Nous avons attendu, attendu, ils ne sont jamais venus! Cela pourrait faire des paroles pour une chanson si la situation n’était pas si triste et si lourde de conséquences pour les gens qui nous demandent de nous unir, jour après jour, réunions après réunions, marchés après marchés, encore aujourd’hui 19 mai à Saint Genis des Fontaines (voir photo ci-jointe). Oui, comme demandé par le PCF66 dans la lettre envoyée à France Insoumise, nous étions en ce jeudi 19 mai à 14 h 30, devant la préfecture des PO avec trois candidats titulaires (dont Léa Tyteca, la plus jeune candidate de France et un suppléant, pour, le cas échéant, retirer deux candidatures dans la réciprocité et ainsi pouvoir faire autre chose que de la figuration aux législatives. Malheureusement, France Insoumise a méprisé notre proposition par courrier (voir ci-dessous) et donc, sauf retrait dans quelques semaines, il n’y aura pas de candidatures communes dans les PO entre les forces qui ont porté Jean-Luc Mélenchon au bon résultat qu’il a obtenu le 23 avril dernier.

Dans sa lettre Francis Daspe (FI) m’interpelle, me suggérant de cesser ce cirque… Vu le ton méprisant et démago du courrier  (ci-dessous publié in extenso afin que chacun se fasse une opinion), on peut se demander si certains ne se prennent pas pour Mélenchon en personne dans les PO! En effet le résultat d’un homme au charisme et à la faconde exceptionnels, n’autorise aucun de ses représentants locaux à user d’un ton péremptoire à l’égard de quiconque. Des grenouilles qui se sont prises pour le bœuf, nous en avons connu d’autres et nous savons aussi comment elles ont fini. Le plus grave du courrier, outre qu’il brise pour les gens le vœu de candidatures communes, c’est qu’il compare la situation et la démarche à un cirque. Et bien non les amis! Pour nous ces élections et surtout la situation pour les populations qu’entraînera cette fin de non recevoir, n’est pas du domaine du spectacle, du comique ou du cirque. C’est trop sérieux et en tous cas plus sérieux que tout ça et surtout plus sérieux que tous les calculs politiciens sur l’avenir. Nous pouvons encore éviter l’irréparable et même si l’ensemble de nos candidats respectifs sont enregistrés en préfecture, un candidat peut toujours s’effacer en appelant à voter pour un autre et en ne déposant pas de matériel dans les bureaux de vote. Il en va de l’intérêt de nos concitoyens, de celles et ceux que nous avons amenés les uns et les autres à voter Mélenchon et de notre gauche. S’il y a une volonté tout est encore possible.

Nicolas Garcia.

lettre reçue de FI: 

« Cher Nicolas, si tu cessais ce cirque…

A Perpignan, le 18 / 05 / 2017,

              Cher camarade Nicolas, chères et chers camarades communistes,

              Nous avons bien reçu ton courrier nous invitant à se retrouver vendredi après-midi devant la Préfecture de Perpignan pour un retrait réciproque, mais à tes conditions, de candidatures pour les prochaines législatives. Nous avons visiblement en partage l’esprit d’unité et de rassemblement que tu invoques.

              A cette invitation se voulant « médiatisée et spectacularisée », que nous recevons en réalité davantage comme un acte de campagne partisan procédant de sa propre légitimité, nous y répondons, avec fraternité, mais clairement : « Cher Nicolas, si tu cessais ce cirque… ».

              Tu n’es pas sans ignorer que La France Insoumise, cadre de la campagne de la Présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, constitue un large rassemblement politique et citoyen qui était ouvert. En témoigne la lettre des derniers jours de camarades communistes ayant rejoint au national l’espace politique de La France Insoumise, au titre évocateur « Stop à la confusion » et appelant à voter aux législatives pour les candidats de La France Insoumise.

Toi et tes camarades avez préféré vous engager dans une « improbable campagne communiste autonome ». Malgré notre politique de la porte ouverte, vous avez voulu au contraire nous faire retourner dans le cadre des discussions locales à géométrie variable « rétrécissantes » entre appareils. Alors que nous savons tous qu’il s’agit d’élections nationales pour élire des députés de la République une et indivisible chargés de déterminer une politique nationale. Vous saviez parfaitement que c’était entailler la cohérence de notre stratégie et relativiser considérablement le cadre de La France Insoumise en le reléguant au rang d’une composante parmi d’autre d’un cartel d’appareils. C’était bien évidemment inacceptable pour nous. Cela le reste.

              Ce rendez-vous devant la Préfecture s’inscrit dans la logique de ceux que vous avez initiés à Perpignan encore à quelques semaines du 1° tour de la présidentielle qui appelaient Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon à ne faire qu’un seul candidat au moment où bien évidemment les médias plaçaient d’autorité le candidat socialiste en position centrale. Cette initiative entrait en résonance avec les alliances aux précédentes élections locales (municipales et départementales) que vous avez conclues avec le Parti socialiste dont on sait  que dans les Pyrénées-Orientales il est profondément « vallsiste ». J’avais eu l’occasion de te dire, avec autant de fermeté que de courtoisie, que ces zigzags tactiques par la confusion et l’inconstance qu’ils portaient auraient des conséquences désastreuses. La stratégie de La France Insoumise a pour but  d’y remédier en offrant des bases claires et cohérentes.

              C’était en effet une occasion pour dépasser collectivement ces insuffisances. Vous n’avez pas voulu vous y engager, alors que vous y aviez pleinement votre place. Pour reprendre l’expression utilisée par Jean-Luc Mélenchon dans un sms adressé en privé à Pierre Laurent et dévoilé par Le Canard enchainé (d’où vient la fuite ?) : « 10 mois pour me « soutenir » (pour le 1° tour), 10 minutes pour soutenir Macron (pour le 2° tour) ».  Cette situation nous a profondément blessés.

              Tu comprendras donc aisément que nous ne donnerons pas suite à ta proposition. Je ne crois d’ailleurs pas que tu pensais réellement que nous puissions avoir l’intention d’y aller. Il s’agissait plutôt d’un acte de communication, d’où l’utilisation du mot « cirque » que je te prie de ne pas prendre dans sa dimension étroitement péjorative. Nos maturités politiques réciproques, qui font que personne ne sera dupe l’un de l’autre, y contribueront sans aucun doute.

              D’ici là, je nous souhaite des campagnes au service de l’intérêt général dans le respect de nos divergences politiques et stratégiques qu’il aurait été pourtant peu compliqué d’éviter ou de surmonter en faisant le choix des dynamiques propulsives et de l’alternative politique. Nous n’avons pas l’intention d’entretenir continuellement polémiques et rancœurs dès lors que les désaccords sont verbalisés et actés. Je suis persuadé qu’il en est de même pour toi et tes camarades. » 

 

 

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