Lancement de l’année Pompeu Fabra en Catalogne : le Catalan dans tous ses états!

Mercredi 21 février au « teatre Zorrilla » de Badalona, dans cette ville où « El Mestre » résida durant 30 ans avant de connaître l’exode en 1939 pour fuir le franquisme, la Generalitat de Catalunya lançait « l’Any Fabra ». « El Mestre » c’est Pompeu Fabra i Poch, l’inventeur du catalan moderne, celui qui issa une langue médiévale, déjà parlée il y a mille ans, au rang de grande langue moderne au même titre que le français, l’anglais ou l’espagnol. Oui le 21 février au « teatre Zorrilla » la langue catalane était dans tous ses états. Elle se déclinait sous toutes ses formes avec le perfectionnisme du « plus grand catalan de son époque », du « philologue exilé ». Le catalan en prose et en poésie, en opéra et en théâtre… devant un parterre d’invités et de personnalités venus de toute la Catalogne et de tous les états où se parle le catalan: Italie pour l’Alguer en Sardaigne, France pour notre département que je représentais, Espagne pour  l’Aragon, Valencia et Majorque. 2018 sera dans toute la catalogne l’année Pompeu Fabra, celle du 150ème anniversaire de sa naissance et du 70ème anniversaire de sa mort. Fabra, pourtant ingénieur industriel de formation, a inlassablement travaillé sur le catalan (grammaire et orthographe) durant plus de 40 ans pour arriver à « une langue moderne pour une nation moderne » et n’a comme il disait jamais renoncé ni à sa tache ni à l’espoir : « Cal no abandonar mai ni la tasca ni l’esperança ». A Zorrilla, en même temps que la culture, la politique était de mise, ainsi lacets jaunes sur la poitrine, les responsables politiques ont tour à tour pris la parole. Dolors Sabater Puig, maire de Badalona, a souhaité une chaleureuse et militante bienvenue. Ester Franquesa, directrice générale des politiques linguistiques à la Generalitat de Catalunya, a prononcé un magnifique discours engagé sur la situation, rappelant la prison pour quatre dirigeants catalans et l’exil pour le Président Puigdemont et trois autres personnes dont le Conseller (ministre) de la culture de la Generalitat de Catalogne, elle fit le parallèle avec un Pompeu Fabra lui aussi exilé à Ille sur Têt et à Prades, où il mourut en 1948 après avoir été membre du gouvernement de la Generalitat en exil. La clôture de cette magnifique soirée revenait à Roger Torrent, jeune président du Parlament de Catalunya. Dans un discours plus consensuel et devant Carme Forcadell sa prédécesseure au perchoir du Parc de la Ciutadella, Torrent a vigoureusement mis en garde les autorités espagnoles qui actuellement s’en prennent à l’enseignement du catalan : »nous défendrons notre modèle éducatif jusqu’au bout et coûte que coûte, tant il a largement fait ses preuves! ». Magnifique soirée culturelle, militante et politique, à laquelle j’ai assisté avec le sentiment d’avoir participé à sauver la légitimité de la langue catalane, comme l’écrivait un des plus grands auteurs et poètes catalans Salvador Espriu dont l’œuvre fut très présente le 21 février à Badalona, « Salvàvem els mots de la nostra llengua, el meu poble i jo »

Nicolas Garcia.

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