Le gazoduc qui menace de traverser le département n’est pas autre chose qu’une nouvelle THT enterrée.

La libéralisation du marché de l’énergie, amène le système à devoir construire des  « autoroutes » sur lesquelles circule l’énergie (Gaz, électricité… Demain l’eau?) achetée à un instant T, quelque part dans le monde, là où règnent les dictateurs, là où les salaires sont les plus bas, où la protection des salariés n’existe pas, où le respect de l’environnement ne compte pas (où il est possible obtenir du gaz par fracturation Hydraulique autrement dit du gaz de schiste). Voilà ce qui motive la création de gazoducs qui sillonnent la planète et doivent être reliés entre eux, au rythme de l’évolution de la libéralisation du marché. D’où le tronçon du Midcat dans les Pyrénées Orientales qui fonctionnera dans les deux sens. L’Espagne, ne produit quasiment pas de gaz, elle dispose pourtant d’un excédent suite à une importation massive (notamment depuis l’Afrique). Le gaz « liquéfié », le plus souvent du gaz de schiste venu d’Algérie, arrive par bateau dans les terminaux espagnols et catalans comme celui de Tarragona. Il remonterait plus facilement par gazoduc depuis le Maghreb voir plus profondément encore en Afrique. A ce sujet, est-il admissible de voir des filiales de grands groupes français comme Total et EDF massacrer le sous-sol d’anciennes colonies de notre pays quant nos lois interdisent d’obtenir du gaz par fracturation hydraulique (gaz de schiste) en France. Combattons les idées reçues, naturel ou obtenu par la fracturation hydraulique, provenant des multiples fuites sur l’interminable réseau planétaire de canalisation ou de sa combustion, le gaz dit naturel est composé en grande partie de méthane. Il est polluant, l’effet de serre est 86 fois plus puissant dans les 20 premières années et 34 fois plus pendant 100 ans que le CO2.

« Nous ne sommes pas dans la transition énergétique, mais dans la transition vers une autre énergie fossile »  affirmera l’un des conférenciers.

Tout cela n’est qu’une affaire de gros sous, le volume d’argent brassé pour les infrastructures de gaz dans le monde s’élève à 1000 milliards de dollars. Pour le seul dossier qui nous intéresse, 290 millions d’€ auquel il faut ajouter 100 millions consacrés au lobbying auprès des décideurs. Combien de projets énergétiques alternatifs à partir du solaire notamment, pourrait-on concrétiser avec de telles sommes d’argent? Par ailleurs, la profondeur de l’enfouissement du gazoduc est de 1m20 empêchera le reboisement et la servitude exigée de 10 mètres laissera une cicatrice sur tout le territoire. De ce point de vue on n’est pas loin du désastre que devait produire la THT, finalement évité par la lutte.

Information et résistance s’organisent!

Pour partager ces éléments, les associations Alternatiba et Attac organisaient, vendredi 1er décembre, une réunion publique au Casal Jaume 1er de Perpignan. Pour la circonstance, des militants de Catalogne Sud étaient invités. Eux aussi luttent contre le passage du Gazoduc, qui en réalité va parcourir plus de 300Km, de Martorell (au sud de Barcelone) jusque Barbera (au sud de Carcassonne). Kevin Bukland, jeune américain du nord, l’un des deux animateurs de la bataille chez nos voisins, a présenté le projet de TIGF (Transport et infrastructures gaz France) de manière ludique permettant à chacune et à chacun de mieux en comprendre la finalité et les dégâts. Dans la salle, de nombreux intervenants, ont pris position. Par exemple Philippe Assens, propriétaire de vignes en Fenouillèdes sur les communes d’Estagel, Montner, Calce et ne peut accepter de voir ses terres impactées ou Anne Gaudron, présidente de la Ligue des Droits de l’Homme. Tous ont affirmé leur volonté de s’organiser pour résister à ce projet. Pour ma part, accompagné de Patrick Cases, Conseiller Régional, j’ai voulu dénoncer et insister sur :

  • les dégâts des politiques générées par la libéralisation du marché de l’énergie, (lignes de Très Haute Tension, gazoducs, spéculation…).
  • la dimension exclusivement financière cachée par ces projets.
  • la détermination du PCF66 à se battre contre ce gazoduc ici ou ailleurs dans les Pyrénées.

Enfin j’ai indiqué que la majorité du Conseil Départemental a déjà commencé à débattre du sujet et penche plutôt vers le refus, tant sur le fond que sur la saignée dans les plus beaux sites du département qui, même enterrée, ne serait guère moins impactante que la THT.

Nicolas Garcia.

 

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