France où vas-tu?!

Le mouvement dit des « Gilets Jaunes » né le 17 novembre dont le déclencheur fut un appel sur les réseaux sociaux que beaucoup ont pris à la légère, en perturbe plus d’un. J’y reviendrai ! Je dis le déclencheur car le malaise vient de plus loin et peut être déjà un peu de la grande illusion que provoqua l’élection de Mitterrand en 1981 et de la déception qu’elle engendra à partir de 1983. Colère accumulée durant les années Sarkozy, non atténuée durant le quinquennat Hollande – Valls et désormais surmultipliée avec E Macron, le président le plus mal élu de la 5ème République, avec Chirac face à Le Pen. L’actuel Président de la République n’a rien fait depuis son élection pour démentir son image de président des riches.

Les petites phrases qui mettent le feu aux poudres.

Les mesures prises, antisociales, pro actionnaires et pro milliardaires, couplées à de petites phrases aussi assassines que : « …il suffit de traverser la rue pour trouver du travail… », « … on met un pognon de dingue dans les minima sociaux  … », « …venez me chercher… ! », « … Une gare, c’est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien! … », « …les gaulois réfractaires… » ou « …la seule chose qu’on n’a pas le droit de faire, c’est de se plaindre … » et encore hier (11 janvier 2019) « … les français n’ont pas le sens de l’effort… », ont mis le feu aux poudres.

La France n’a jamais créé autant de richesses mais elles n’ont jamais été aussi si mal partagées.

L’attitude de celui qui aimait être appelé Jupiter fait éclater des abcès qui, depuis longtemps, enflent de la richesse exposée au grand jour : la côte de bœuf de Ribéri à 1200€ ; le salaire de Carlos Ghon pris comme modèle d’intégration dans les préfectures ; la fortune personnelle de Bernard Arnault, PDG de LVMH, estimée à 73 milliards d’€ (plus que le budget de l’éducation nationale) ; la valeur de l’entreprise Amazon 700 milliards d’€ (plus que le budget annuel de la France) et les 120 milliards d’€ que pèse la fortune personnelle de Jeff Bezos, son PDG. Quand, sur les ronds-points, les Gilets Jaunes ne demandent finalement que les moyens de vivre décemment, de quoi offrir un cadeau au conjoint, aux enfants… La Carsat annonce à 632€/mois la moyenne des retraites dans les PO, 3 catalans sur 10 vivent sous le seuil de pauvreté… La vraie violence est dans cette situation, en retour cela peut-il générer autre chose que de la violence. Celles et ceux qui entretiennent ces situations, voire qui les aggravent, sont les seuls responsables de ce qui arrive, de tous les débordements ! Je dis bien qui aggravent la situation car ne vient-on pas d’apprendre en plein mouvement social que les actionnaires des grandes entreprises du CAC 40 viennent de percevoir 57,5 milliards d’€ de dividendes, soit le record de ces 20 dernières années. Dans le même temps, on dit qu’il n’y a pas d’argent, que rétablir l’Impôt Sur la Fortune (ISF) serait une ineptie, qu’il est impossible de réorienter les 40 milliards de CICE vers une augmentation des salaires, des investissements créateurs d’emplois… Pourtant en Europe d’autres pays comme l’Espagne ou le Portugal font d’autres choix sociaux.

Rien ne saurait justifier un recul des valeurs universelles de la Révolution !

Les risques de faire perdre la tête à notre démocratie sont grands comme le montre in fine l’affaire de l’ex boxeur professionnel, Christophe Dettinger, qui a frappé des policiers. Il sera jugé et, cela ne fait aucun doute, il ne bénéficiera d’aucune clémence. Certes la violence d’où qu’elle vienne est condamnable, mais le fondement d’un état de droit, réside dans le droit inaliénable des justiciables et ceux de la défense! Les ministres qui n’ont rien d’autre à perdre que les salaires tirés de leurs portefeuilles inattendus et les « aboyeurs » qui les côtoient doivent raison garder, lorsqu’ils hurlent à l’unissons de la ministre Schiappa, sorte de Morano macroniste, parce que la cagnotte en faveur du boxeur de flics dépasse les 100000 €. C’est la force d’une république, d’une démocratie, d’un pays civilisé, qu’un justiciable poursuivi bénéficie de soutiens financiers pour se payer les bons avocats et subvenir aux besoins de sa famille en cas d’emprisonnement. Accepterions nous que des ministres montent au créneau contre un ténor du barreau se proposant de défendre un grand criminel ou un horrible assassin ?

De même la liberté de la presse et la personne des journalistes sont sacrées, comme l’abolition de la peine de mort ; le mariage pour tous ; le droit des migrants ; l’asile politique ; la liberté d’expression, de manifestation, d’action citoyenne, sociale, syndicale, politique …

Le mouvement des « Gilets Jaunes » ne doit être le prétexte à aucun renoncement, à aucun recul des valeurs universelles des droits de l’homme nées en France en 1789 et confortées depuis dans notre pays en 1793, durant La Commune de Paris, le Conseil National de la Résistance, Mai 68, 1981…).

Défiance à l’égard du grand débat national.

Un mot enfin sur le grand débat national proposé par E Macron pour, soi-disant, répondre aux revendications exprimées sur les ronds-points ! Une fumisterie dont on sait déjà qu’elle sera un fiasco. Pourquoi ? Parce qu’à quoi bon aller débattre quand le président annonce aux français (discours du 31 décembre 2018) qu’il ne changera pas de cap! Quand c’est lui qui fixe le cadre et donc les limites de ce débat en 4 questions! Quand son porte parole Benjamin Griveaux explique que si par exemple une majorité d’avis souhaitait rétablir l’ISF, cela ne se ferait pas avant évaluation des bienfaits de la suppression de celle-ci! Quand les élus locaux, méprisés depuis le début de son mandat, sont appelés à organiser ce débat et qu’ils ne veulent, ni prendre les coups à la place du président, du gouvernement ou des députés de la majorité, ni être associés, dans l’esprit des gens, à une politique générant tant de colères et de désapprobations ! Quand, toutes associations d’élus confondues, ils ont fait à l’automne dernier des propositions de réformes auxquelles ils attendent encore une réponse, ne serait-ce que de courtoisie.

Macron est bien mal parti et il entraîne avec lui notre France, celle que chantait Jean Ferrat.

Nicolas Garcia.

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