Espagne : les quatre prisonniers politiques catalans vont demeurer en prison.

Les trois magistrats de la cour suprême, chargés d’examiner le recours en appel contre la détention provisoire d’Oriol Junqueras (ex-vice Président de la Generalitat de Catalunya) emprisonné depuis le 2 novembre 2017 avec Joaquim Forn (quant à lui ex-ministre de l’intérieur), ont reconnu par le biais du rapporteur que la Constitution espagnole reconnaît le droit de défendre l’indépendance politiquement. En même temps il réfute l’épithète «politique ». Selon l’arrêt interlocutoire produit par les trois juges, Junqueras est poursuivi pour avoir « participé en tant que vice-président du gouvernement catalan à un projet de déclaration unilatérale de l’indépendance, au mépris des résolutions du Tribunal constitutionnel, du Statut d’Autonomie et du reste de l’ordre juridique ». Autre délit qui est reproché au leader de l’Esquerra Republicana de Catalunya, la « mobilisation des masses », à laquelle il aurait fait appel entraînant des « actes de violence », au lendemain du « coup d’état » du 20 septembre. 40 000 personnes avaient alors manifesté devant le siège du ministère des finances de la Generalitat en protestation aux perquisitions de la police judiciaire. Il est aussi reproché à Oriol Junqueras d’avoir lancé des appels pour protéger les urnes et les votants le 1er octobre, jour du référendum pour l’indépendance. En vertu de cela le leader indépendantiste reste poursuivi pour rébellion, sédition et malversation de fonds publics. Mais les deux ex consellers (ministres) ne sont pas les seuls à être enfermés préventivement, vendredi 12 janvier la Cour suprême se réunira à nouveau pour examiner les requêtes de Joaquim Forn, mais aussi des deux leaders des associations ANC et Omnium cultural Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, embastillés pour les deux derniers depuis le 16 octobre.

Mardi 9 janvier à Montpellier, débat sur la situation en Catalogne en présence de Ana Surra députée de l’ERC, de Mireia Boya ex députée de la CUP et Carles Puigdemont en vidéo conférence. 

Les élections du 21 décembre ont livré leur verdict, les trois partis indépendantistes sortants ont obtenu une majorité absolue de députés et il leur manque un peu plus de 2 % des voix pour avoir la majorité absolue des électrices et électeurs. En revanche si on y ajoute Podem, on peut considérer que 56% de l’électorat ont voté pour des partis (78 députés) qui pourraient accepter un référendum pacté sur l’indépendance de la Catalogne. Même si on peut considérer que le référendum du 1er octobre est valable, maintenant que la Generalitat aura son gouvernement légitime et indiscutable, faire décider les catalanes et catalans (sous couvert de l’Europe et de l’Espagne) d’aller ou pas à l’Indépendance permettrait sans doute de sortir une fois pour toutes de la situation. Après ces élections, Mariano Rajoy, le 1er ministre ultra conservateur de l’Espagne, a perdu la partie. Au Partido Popular de Rajoy, la bourgeoisie espagnole et la catalane « espagnoliste » a préféré Ciutadans, pas encore touché par les affaires et qui jouit de la popularité d’un parti jeune et nouveau en Espagne. Rajoy dont le pouvoir dépend des Basques et de Ciutadans, ne peut même pas dissoudre Les Cortes espagnoles car la formation de Ribera risque de le battre dans de nouvelles élections en Espagne. Il y a donc de fortes chances que l’homme qui est à la tête du parti le plus corrompu d’Europe, ne soit usé, utilisé, jusqu’à la corde par cette bourgeoisie, puis lâché. Ses méthodes, son attitude sont de plus en plus difficiles à soutenir pour qui que se soit en Europe ou en Espagne.

Nicolas Garcia

Publié par Pep Garcia sur dimanche 31 décembre 2017

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