En Espagne, des prisonniers politiques catalans croupissent en prison depuis des mois.

L’Espagne glisse lentement mais surement vers la dictature sous le silence assourdissant des chefs d’Etat européens, de l’Union Européenne, de tous les donneurs de leçons démocratiques et autres bien-pensants de gauche comme de droite. Dans un pays où les peines de prison inférieures à deux ans sont immédiatement transformées en sursis, s’il n’y a pas crime de sang ou délit trop grave, quatre hommes sont emprisonnés depuis des mois en préventive. Oriol Junqueras, Joaquim Forn, Jordi Cuixart et Jordi Sanchez n’ont absolument rien fait d’illégal en démocratie, n’ont pas été jugés donc pas condamnés, ils voient leur présomption d’innocence niée. Ils sont pourtant emprisonnés depuis le 2 novembre 2017, pour les deux premiers, et depuis le 16 octobre 2017, pour les deux autres. Comment peut-on supporter ça? Comment la vie démocratique en Espagne pourrait-elle suivre un cours normal après ça? Après les 6 et 7 septembre 2017? Après les violentes agressions du 1er octobre 2017 de la Policia et la Guardia Civil española contre les électrices et électeurs catalans devant et dans les bureaux de vote?

Les autorités judicaires et politiques espagnoles continuent dangereusement!

Et maintenant cela continue, procureurs généraux, juges de tribunaux suprêmes, ne rendent plus la justice, ils font de la politique aux ordres ou à la place de la droite la plus réactionnaire et la plus corrompue d’Europe. Du coup l’attitude de ces magistrats contribue à jeter l’opprobre sur toute la justice européenne, déjà naturellement suspecte de ne pas être indépendante des pouvoirs. Plutôt que d’apaiser les choses, Rajoy, son gouvernement et la justice jettent de l’huile sur le feu en augmentant les enquêtes et les poursuites contre de nombreux élus, maires et députés, chefs d’entreprises, journalistes, Mossos d’Esquadra, fonctionnaires, citoyens lambda de catalogne. Du coup, ils prennent le grave risque de mettre le feu aux poudres dans une jeunesse catalane de moins en moins encline au pacifisme. Attention!

Ils ont voulu des élections dont ils n’acceptent pas les résultats!

Rajoy et tous les autres, l’UE,  ont voulu, décidé, accepté les élections législatives du 21 décembre en Catalogne, les indépendantistes qui n’en voulaient pas, se sont prêtés au jeu. Ce que l’on appelle le « bloc indépendantiste » a obtenu la majorité absolue de députés et 47,5% de votants, avec une très grosse participation. Dans ce « Bloc » le président sortant de la Generalitat de Catalunya, contraint à l’exil, de fait n’a pas pu mener campagne. Malgré tous les moyens mis par l’Etat espagnol en faveur des « Unionistes », malgré les sondages défavorables , Carles Puigdemont a pourtant gagné les élections. Celles et ceux qui disait « Puigdemont sera notre Président quoiqu’il arrive! » ont gagné les élections avec une majorité absolue  de députés. Puigdemont, dont aucun tribunal n’a interdit la candidature, est maintenant plébiscité pour être Président de la Generalitat. Ceux qui ont dit « chiche! » aux indépendantistes en les défiant, n’acceptent pas aujourd’hui le résultat du 21D. Le Partido Popular et Rajoy ont été laminés, ils ne disposent plus que de 4 députés et veulent quand même imposer aux Catalans leur président en empêchant Carles Puigdemont de l’être. Est-ce cette démocratie là que nous voulons pour l’Europe et le monde? Le très sérieux journal « The Economist » qui classe les démocraties, vient de déclasser l’Espagne et de la positionner au rang des « démocraties imparfaites ».

Oui, l’Espagne glisse tout doucement vers un pouvoir autoritaire et trop de monde s’en fout! 

Nicolas Garcia.

Les trois Mariannes catalanes : LLibertat, igualdat, fraternitat. Mais attention cette jeunesse catalane ne tendra pas peut-être pas toujours l’autre joue.

 

 

 

Une réflexion au sujet de « En Espagne, des prisonniers politiques catalans croupissent en prison depuis des mois. »

  1. Tout à fait d’accord. La France et autres pays européens sont intervenus en Afrique, au Moyen-Orient pour moins que ça. Et là, chez nos voisins, le gouvernement ne dit rien. Seules, quelques voix isolées osent dénoncer ce qui se passent en Espagne. Il y a une ignorance de l’histoire de la Catalogne ou la volonté de d ignorer le peuple catalan.

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