Elne : dimanche 8 juillet c’était la fête militante du Canal d’Elne, la fête pour le sauver!

Dimanche 8 juillet a eu lieu la fête du Canal d’Elne, une façon de revendiquer de manière festive, non seulement pour la continuité de ce canal multiséculaire. Plus d’une centaine de personnes de tous milieux sociaux et horizons politiques, des enfants aux grands-parents ont participé à cette journée en plein air organisée par le Collectif pour la défense, la sauvegarde et le développement du Canal d’Elne. Une association créée en novembre 2017 et aujourd’hui présidée par Jérôme Cressole. Après deux réunions publiques pour expliquer ses craintes pour l’avenir du canal d’Elne aux usagers, à tous les habitants d’Elne mais aussi des villages voisins, le Collectif a opté pour une manifestation d’extérieur, assortie d’une grillade, sur l’aire de pique-nique du Mas Reig, derrière la Cave coopérative d’Elne. Le lieu n’a pas été choisi au hasard, il se trouve à quelques dizaine de mètres du canal et de l’un de ses moulins médiévaux.

Les services de l’état et le SigaTech interprètent la continuité écologique et propose des solutions aberrantes!

Cette journée à laquelle ont participé de nombreux enfants a été déclinée en plusieurs moments comme une visite de la resclosa (seuil) à la prise d’eau du canal sur la commune d’Ortaffa. Ce lieu est emblématique de la lutte pour la survie du Canal puisque c’est précisément cet ouvrage d’art qui est visé par l’interprétation que font les services de l’Etat, suivis par le SigaTech, de la loi sur la continuité écologique (Grenelle II, 2011). Cette loi, selon le Collectif, n’a pas à s’appliquer au seuil du canal d’Elne, car la continuité écologique n’est pas remise en cause. Poissons migrateurs et sédiments peuvent franchir le seuil ; elle le prouve, entre autre, par les démonstrations du professeur d’université Pierre Giresse. Par contre, une altération de ce seuil empêcherait à l’eau d’entrer dans la prise du canal et pourrait assécher la riche nappe quaternaire qui alimente Elne, Latour bas Elne et Saint Cyprien (une étude est en cours à la demande du Département). Rappelons que ce canal, dont la première mention remonte à 1053, est alimenté sans aucun apport d’énergie depuis 950 ans. Parmi les solutions proposées par le SIGA du Tech (Syndicat Mixte de Gestion et d’Aménagement) et reprise par la mairie d’Elne, propriétaire de l’ouvrage depuis la fin de l’ASA en 1997, il y aurait l’installation de pompes électriques, ce qui est un non sens environnemental, y compris pour les débits réservés à l’aval. La reprise d’un ancien projet réapparaît également à travers le déplacement de cette resclosa vers l’amont, solution qui pourrait être une bonne piste mais que l’on imagine difficilement dans un contexte où la loi impose la suppression de tous les obstacles sur les cours d’eau. Ah, la généralisation! Le centralisme intellectuel qui ignore les particularisme y compris environnemental.

Tout au long de cette journée l’association a proposé des activités aux publics comme par exemple la visite d’une propriété agricole arrosée par le canal, la confection de petits bateaux en feuille de roseaux par les enfants et la présentation de la biodiversité de ce corridor vert qu’est le canal, par Pierre-Marie Bernadet, le président de l’association Charles Flahault.

Un moment de gaité animé par le groupe de musique brésilienne « »Toukiba ».

Cette fête a été l’occasion de faire le point sur les démarches entreprises par le Collectif pour s’opposer à l’application abusive de la loi visant à détruire ou abaisser le seuil du Canal, mais elle a été également l’occasion pour un autre collectif, celui pour le maintien de la piscine d’Elne, de s’exprimer. On voit donc que ces questions autour de l’eau sont conflictuelles avec la municipalité d’Elne, sans parler de la volonté heureusement contrecarrée par la préfecture de fermer le poste de secours de la plage d’Elne. Il est d’ailleurs à noter que l’aire de pique-nique du Mas Reig ne comporte aucun point d’eau, ce qui est tout de même incroyable pour un tel lieu, d’autant que les barbecues peuvent être l’occasion de départ de feux qui ne pourraient être immédiatement maitrisés par les usagers de l’aire. A la fin de cette première fête réussie, le Collectif a remercié toutes les personnes et les personnalités qui le soutiennent, il reste vigilant et a donné rendez-vous dès la rentrée pour de nouvelles actions en défense du Canal.

Nicolas Garcia.

 

 

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