Elne : un collectif tente de mobiliser largement pour sauver le Canal qui a plus de 800 ans!

Le Collectif du Canal d’Elne organisait lundi 30 octobre au cinéma Vautier, une réunion publique d’information à destination de la population d’Elne. De nombreux illibériens et associations (ASPAHR, Terra dels Avis, Amis d’Illiberis, etc.) cherchent à aider les instances concernées (Etat, Conseil Départemental, communes et intercommunalités) à trouver les moyens de préserver les enjeux de biodiversité mais aussi de ressources en eau et d’intérêt patrimonial, autour de la resclosa (ou seuil) sur le canal d’Elne. Cette réunion, la première en son genre, est à saluer, car elle est à l’initiative d’une association qui a réussi à réunir élus (de la Ville d’Elne et d’Argelès, du Conseil Départemental que je représentais comme vice-président chargé de l’eau, de l’intercommunalité Albères-Côte Vermeille), techniciens (du SIGA du Tech), spécialistes en droit, patrimoine ou en biodiversité, devant un nombreux public. Il est à regretter que la Ville d’Elne ne s’engage pas plus fortement dans cette démarche de protection du canal (dont elle est propriétaire), et des enjeux liés à l’eau sur le territoire illibérien. Les services de la commune étrangement ne sont pas intervenus, au contraire des services des autres structures concernées. C’est le premier magistrat d’Elne, qui après s’être curieusement auto qualifié de « politicien », a pris la parole, sans jamais prendre clairement position, sur un sujet que visiblement il connaît et maîtrise très peu. Il a beaucoup parlé, à tort et à travers, sans pour autant que le public sache où il volait en venir. Il a oublié par exemple de dire que s’il y a une étude, financée à 50% par le Département et non par l’Etat comme il l’a prétendu, c’est parce que, au cours d’une réunion à Argelès, le Département que je représentais a évoqué le fait que l’abaissement du seuil (Resclosa) sur le Tech au niveau du Canal d’Elne, au delà des conséquences sur le Canal lui même et son usage, pourrait entrainer le désamorçage du Paléochenal qui alimente la riche nappe quaternaire d’Elne, Latour Bas Elne, Saint Cyprien. Il est possible que ce bras souterrain du Tech, qui passe au nord d’Elne, fonctionne comme un siphon, ce qui rendrait sa déconnection irréversible à l’échelle de plusieurs générations. En outre contrairement à ce qu’a affirmé monsieur le maire d’Elne les forages de plus de 1000 m3 par an sont sous la responsabilité des services de l’Etat et il faut les déclarer, ceux en dessous de 1000 M3 par an font aussi l’objet d’une déclaration, mais dans ce cas le code de l’environnement prévoit que la police appartient au maire. Par ailleurs la réflexion empirique ou dogmatique, de certains services de l’Etat, privilégient à tout prix désormais la continuité écologique, c’est à dire le transport par la rivière des sédiments (sables et graviers) vers l’aval et la migration des poissons vers l’amont. Hors, dans le cas du Tech, sur trois poissons dont la migration justifierait la baisse des seuils sur le Tech, un seul (l’Anguille) a été recensé, aucune trace des deux autres et il se trouve que pour l’Anguille la hauteur du seuil actuel n’est pas gênante!

Avec Joan Lluis Mas (Terra dels Avis) en président de séance, cette rencontre constructive a permis des échanges très riches entre élus, techniciens, et citoyens, où chacun a pu donner ses arguments, mais aussi, entendre ceux des autres.

Nicolas Garcia.

 

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