Elna 1285 : le roi de France commit un véritable massacre, un « Oradour » contre la population illibérienne

Dimanche 27 mai à Elne sous l’impulsion de Daniela Grau, comme chaque année depuis maintenant très longtemps, avait lieu « el dia de la memoria » « le jour de la mémoire ». Il s’agit de ne pas oublier que le 25 mai 1285, la ville d’Elna, capitale et évêché du Roussillon  (Catalogne nord) fut « démontée », sa population massacrée, les femmes violées, les habitantes et habitants qui n’avaient pu s’enfuir enfermés dans la cathédrale et brulés vifs dans celle-ci. Les piliers principaux de la porte d’entrée nord du monument historique roman, au bout de la nef, portent encore les stigmates de cet incendie criminel. Chaque année une messe est dite; un concert est jouée; un fleurissement et des prises de paroles ont lieu au pied la stèle située dans les jardins du cloître et qui commémore ce massacre d’Elna; une conférence est proposée; un repas pris en commun et une visite (cette année le Mémorial de Rivesaltes) est organisée l’après midi. Comme tous les ans une délégation de l’Institut de Projecció Exterior de la Cultura Catalanà (IPECC) conduite par Josep Puig participait à l’évènement. Ils ont eu la gentillesse de citer ma présence et de m’offrir plusieurs ouvrages. A noter qu’en plus de la stèle avec mon équipe municipale nous avions donné à une rue du nouveau quartier « Les Closes » le nom de 1285.   

Que s’est-il passé en 1285! 

Une croisade avait été orchestrée par la papauté pour détrôner le comte roi catalan Pere II « El Gran » et donner la Catalogne au fils du roi de France, Philippe III le Hardi. Des troupes en nombre impressionnant (deux cent mille hommes, selon les contemporains) furent levées dans toute l’Europe pour écraser les Catalans. Elles assiégèrent Elna dont la population, n’ayant pas voulu se rendre par fidélité au roi Pere II, fut massacrée et brûlée dans la cathédrale où elle s’était réfugiée, comme en témoigne encore le marbre éclaté du portail ouest. Cet Oradour-sur-Glane catalan eut en Europe un énorme retentissement. Le chroniqueur catalan Bernat Desclot (1283-1288) écrit que, « quand les Français eurent tué tous les hommes et toutes les femmes, ils détruisirent toutes les maisons et brûlèrent la ville, puis, ils partirent « amb gran goig e gran alegria » (avec grand plaisir et grande joie). Le « Dia de la Memòria » est un hommage aux victimes, tout en dénonçant les mécanismes d’occultation et de manipulation visant à cacher les faits, et en relevant l’analogie des occultations actuelles des faits historiques, tant du massacre de 1285 que de la barbarie du XXe siècle.

Nicolas Garcia. 

 

 

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