Les EHPAD (maisons de retraite) en grande souffrance dans tout le pays. Une question d’Humanité et de civilisation!

Mardi 30 janvier les rues de Perpignan, de France et de Navarre résonnaient des cris et des doléances des personnels des Etablissements Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes autrement dit des maisons de retraites, dans quelques villes s’étaient également jointes au mouvement des infirmières des hôpitaux. Voici quelques phrases le plus souvent entendues :

«Entre ce qu’il faut noter sur l’ordinateur ou le dossier, les protocoles et les procédures administratives, je n’ai plus le temps de faire mon métier de soignante ! »

«Dans la réalité, nous avons moins de 5 minutes pour l’aide à la toilette ou l’aide au repas en Ehpad… C’est inhumain ! »

«Les contraintes financières modifient profondément notre travail… Nous poussons les familles à reprendre les patient-e-s, quitte à en culpabiliser certain-e-s ! »

«Les temps de prévention et d’éducation sanitaire ne sont pas financés… »

La colère, juste, légitime, gronde, il s’agit de nos anciens, de nos parents, de nous demain… Si Camus écrivait que l’on pouvait « reconnaître le degré d’évolution d’une société à l’état de ces prisons », on pourrait facilement le paraphraser en changeant le mot prison par EHPAD ou par maisons de retraite. Le moins que l’on puisse dire est que ce n’est pas brillant. La politique de maintien à domicile des personnes âgées a bien fonctionné, avec pour conséquences une entrée en EHPAD à un âge plus avancé et à un niveau de santé beaucoup plus dépendant. En plus de ces personnes très âgées nécessitant d’importants soins, il y a aussi les personnes souffrant de maladies de type Alzheimer nécessitant un fort accompagnement dans les actes de la vie quotidienne. Bref les besoins en effectifs soignants sont forts importants et bien en dessous des moyens octroyés pour prendre soin de nos aînés. Dans notre société, la place de la personne âgée est à questionner et le débat sur le 5ème risque dépendance à poursuivre.

Trouver les moyens pour nos EHPAD, une question de civilisation !

Certes parfois la cupidité des actionnaires de certains établissements privés rajoute à la gravité de la situation, mais le public et l’associatif sont aujourd’hui en très grande souffrance. Lorsque l’organisation d’un EHPAD ne permet pas plus que 3 soignants pour 55 résidants afin d’assurer l’accompagnement aux repas et aux couchers, il faut chercher l’erreur…Les organisations de travail pourtant bienveillantes ne permettent pas d’assurer un ratio d’encadrement digne au regard des moyens alloués. La dernière loi imposant « la convergence tarifaire » pondue sous F Hollande et non rectifiée par Macron pourrait être la goute d’eau qui fait déborder le vase, même si dans quelques départements comme le notre, les élus du Conseil Départemental octroient une compensation financière (250000€) aux établissements, publics pour l’essentiel, lésés par les nouvelles dispositions légales. Il y a urgence à voter des crédits, à élaborer des textes qui permettent aux EHPAD d’être des établissements avec un accueil digne du niveau de notre société. Cela ne doit bien évidemment pas retomber sur les collectivités territoriales sans moyens supplémentaires, pas plus qu’il ne faut inventer un nouvel impôt, direct ou indirect, genre vignette automobile pour nos vieux, on nous a déjà fait le coup dans les années 1970. Les personnes qui sont désormais en âge de résider en EHPAD, ont créé des richesses, contribué à la sécurité sociale, aux caisses de retraites, participé à faire de la France ce qu’elle est aujourd’hui. C’est donc du côté des grandes entreprises, des multinationales, des fortunes accumulées, des actionnaires qui se gavent et spéculent… qu’il faut trouver les moyens pour nos EHPAD. Je rappelle simplement que les 100 premières fortunes de France représentent 439 milliards d’€ et 100 personnes détiennent autant d’argent, que ce qu’1 million de smicards gagneront durant toute leur vie.

Nicolas Garcia.

 

 

 

 

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