Dixième jour de conflit en mairie d’Elne : le maire refuse toujours le dialogue.

C’est un conflit particulier qui, de jour en jour, voit le rang des grévistes grossir. Pas question ici d’augmentation de salaire, de durée du temps de travail, de primes… non il s’agît de respect et de dignité. Pour preuve, les conflits d’agents territoriaux ne sont pas toujours populaires dans la population mais pour celui-là c’est le cas. C’est le cas, parce qu’il conforte l’idée d’une municipalité loin de ses citoyens, d’élus absents du terrain, d’un autoritarisme exacerbé et exagéré :

  • Avec les commerçants sédentaires et les non-sédentaires du marché.
  • Dans les problèmes d’urbanisme où pleuvent les courriers recommandés, les menaces, les visites de policiers municipaux ou de gendarmes.
  • Avec l’association des riverains propriétaires du quartier « Les Closes » auxquels on enlève des équipements publics aussi importants qu’une école, salle de réunion et annexe mairie, pourtant compris dans le prix de leur terrain.
  • Dans l’installation de la zone bleue alors que 90% des Illibériens étaient contre.
  • Dans le passage au privé du service funéraire municipal, la vente du camping « El Moli », l’augmentation des tarifs de la cantine scolaire…

Le conflit avec les agents communaux n’est en fait que le révélateur d’un vrai malaise qui existe entre une majorité d’Illibériens et la municipalité. Il suffisait d’entendre l’émotion dans la voix du représentant de la CGT, militant pourtant aguerri, et de la lire dans les yeux des agents grévistes pour comprendre la souffrance au travail et le mal-être qui règnent depuis plus de trois ans en mairie d’Elne. Mal-être et souffrance qui ont fait partir, parfois après être tombés en dépression, une bonne dizaine d’agents dont le délégué du personnel gréviste a évoqué les noms et même le calvaire pour certains. Nathalie Perelli, chef de service, dans le collimateur bien que recrutée par la municipalité en place, le disait sans détour ce matin : « on me sanctionne pour une histoire bidon de souffrance au travail d’un agent que j’aurais harcelé, alors que depuis une dizaine de jours plus de 40 agents, beaucoup plus si on compte ceux qui ne viennent pas par crainte des représailles, crient leur souffrance au travail devant la mairie et on ne veut même pas les recevoir! ». Pour Bruno Soulet, responsable CGT du mouvement en cours, « le mépris est là, l’intransigeance aussi, l’attitude face à la grève en dit long sur le comportement des élus à l’égard des agents le reste du temps, il remercie la population qui soutien cette lutte, les copains syndicalistes venus notamment de la communauté de communes pour les soutenir, les élus du groupe d’opposition autour de Nicolas Garcia, l’ancien maire, qui fait bien attention à respecter le mouvement afin d’éviter toute accusation de récupération. » Le leader syndical a ensuite annoncé la création d’une caisse de solidarité pour aider les agents à faire face au conflit. Et, pour sortir de l’impasse par le haut, par sa voix, les grévistes demandent au préfet une table ronde pour que le dialogue ait lieu avec les représentants que se sont donnés les grévistes et non avec ceux choisis par le maire. C’est quand même comme cela que marche un conflit social, y compris pour un ancien patron.

Nicolas Garcia.

Une réflexion au sujet de « Dixième jour de conflit en mairie d’Elne : le maire refuse toujours le dialogue. »

  1. Cette minorité qui fait grève n’est pas plus courageuse que les autres mais devant ce déferlement de haine contre les agents municipaux depuis 3 ans, elle fait ce qu’il faut faire, sans doute malgré la peur des représailles, les pertes de salaire… Je regrette encore le manque de solidarité…

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