Ce dimanche 11 février 2018 – Prats de Mollo a reçu la visite du président del Parlament de Catalunya.

Pour la Generalitat de Catalunya, le 5 février sera désormais le jour officiel de commémoration de la déportation et de l’exil. Chaque année cette commémoration se traduira par des actes officiels, en terre catalane ou à l’extérieur, présidés par les plus hauts responsables de la Generalitat. En 2018 la Generalitat a financé deux plaques commémoratives, une au cimetière de Prats de Mollo commémorant la mémoire des 36 républicains espagnols enterrés dans une fosse commune et dont un bon tiers demeureront anonymes pour l’éternité. La seconde découverte sur la place du Foirail (el Firal) rend hommage au courage et à la générosité des pratéennes et pratéens à l’égard des 100000 républicains espagnols (civils et soldats) qui en février 1939 passaient la frontière du Col D’Ares dans les pires conditions de froid, de faim, de fatigue, la menace et les assauts des franquistes. Grace à l’action de la municipalité de Prats, d’une partie de la populations notamment ouvrière la plupart furent hébergés dans des usines, des foyers, cinéma, grange et maisons particulières et même à l’église. Ils le furent aussi et malheureusement dans des « grands enclos » de fortune, rappelons qu’en ce mois de février 1939, qui fut l’un des plus froids du siècle dernier, s’ouvrirent  les terribles camps de concentration d’Argelès, de Saint Cyprien, du Barcarès… plus tard celui de Rivesaltes.

De la Retirada au 155!

A Prats de Mollo en ce dimanche 11 février l’ambiance était particulière en partie par la présence de Roger Torrent jeune Président du Parlament de Catalunya et de plusieurs députés catalans au Parlament de Catalunya et aux Cortès espagnole. Drapeaux républicains de sorties tout comme une multitude de rubans jaunes partout notamment aux revers des vestes. Ces rubans exigent des hommes politiques français et européens ainsi que de la justice espagnole, la libération des prisonniers politiques catalans. Ce fut un grand moment, où à plusieurs titre je me devais d’être présent à plusieurs titre, compte tenu de ce qui se passe chez nos frères catalans à cause de l’Etat Espagnol et singulièrement de Mariano Rajoy. A plusieurs reprises des témoins de l’époque, le maire de Prats de Mollo et le président Torrent étaient appelés par Pere Manzanares, l’animateur du jour, à prendre la parole. La présence dans une discrétion irréprochable du consul d’Espagne à Perpignan n’a pas changé les choses, seuls ont pu s’exprimer deux témoins de l’époque, le maire Claude Ferrer, Carmen Garcia directrice des politiques de mémoire à la Generalitat et le Président Roger Torrent. Naturellement les discours évoquait la Retirada mais aussi bien évidement la situation en Catalogne et en Espagne où l’application du 155 véritable scandale, se poursuit et empêche entre autres les discours politiques favorables à  l’indépendance ou à la République Catalane.

« L’esprit de Prats de Mollo »!

Le Président Torrent ne s’est pas privé de fustiger l’application de l’article 155 par l’Etat Espagnol au travers duquel pleuvent les menaces, les poursuites et les sanctions pour le moindre actes jugé séditieux ou haineux comme par exemple le refus par un artisan de réparer une voiture de policier espagnol. Le Président du Parlament de Catalunya a aussi évoqué « l’esprit de Prats de Mollo » dont il espère qu’il soufflera sur l’Europe qui devrait « être autre chose qu’un cartel de Pays riches ». Il devrait aussi souffler sur l’Espagne qui rejette tous les migrants alors que le gouvernement de la Generalitat en acceptait plusieurs milliers… Torrent a ensuite fait un parallèle entre l’exil de 39, les personnes qui aujourd’hui sont emprisonnées à Madrid pour leurs positions politiques exprimées pacifiquement et aussi celles qui, comme Carles Puigdemont, sont contraintes à l’exil pour ne pas finir en prison alors qu’elles n’ont rien fait. Enfin Torrent a insisté sur le combat des républicains espagnols durant la Guerre d’Espagne, leur engagement après dans la Retirada dans la lutte contre le nazisme et l’antisémitisme, souvent dans la résistance. « Aujourd’hui », rajoutera l’illustre orateur, « on ne devrait permettre aucune intolérance violente ou répressive à la démocratie ».

Nicolas Garcia.

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