Député européen pendant 30 ans (1979 – 2009) Françis Wurtz ne loupe jamais les PO pour parler d’Europe.

Pour parler d’Europe comme lui, il n’y en a pas beaucoup, il faut dire qu’il connait parfaitement le sujet. Et pour cause, Francis Wurtz a été élu au parlement européen en 1979 une époque où ce dernier n’avait aucun pouvoir. « Nous étions des pionniers et cela a été intéressant de voir l’évolution » avoue de sa voix douce, celui qui a quitté l’institution de son plein gré en 2009. En effet, Francis Wurtz a décidé de « passer la main » à 61 ans, quand d’autres se battent pour faire les mandats de plus, les mandats de trop… Il a été président du groupe parlementaire Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique de 1999 à 2009. Désormais il dispense des formations pour de grandes universités ou pour des organismes dont c’est la mission comme mercredi 17 avril dans notre département avec le CIDEFE. Parfaitement anglophone et germanophone, il suit quotidiennement les questions européennes et il sait savoureusement distiller quelques anecdotes parmi les dizaines accumulées au cours de ces 29 ans, 11 mois et 26 jours de mandat. Sa venue dans notre département était donc prioritairement destinée à dispenser une formation aux élus municipaux et départementaux sur le fonctionnement de l’Europe. Ensuite le responsable politique a, comme toujours, utilisé le reste de sa journée à défendre sa vision sociale-économique de l’Europe et à porter son soutien à la liste conduite par le communiste Ian Brossat. Il en a fait part à la presse avant de  rencontrer les représentants CGT des douanes en lutte depuis maintenant quelques semaines. Enfin après une journée bien chargée, il a animé une réunion ouverte. Au cours de celle-ci, l’ex député européen a fustigé l’abstention qui   » donne plus de force à ceux qui construisent une Europe rejetée par les gens, parce qu’elle ne leur sert à rien voire aggrave leur situation ». Il a invité à voter pour ne pas laisser plus de place aux populismes essentiellement d’extrême droite. Avec sa voix douce et sa grande pédagogie, l’intervenant a démontré la grande utilité du parlement Européen contrairement aux idées reçues. D’abord parce que celui-ci vote et peut modifier les projets, directives et règlements que seul la commission (sorte de gouvernement européen) et le conseil européens sont à même de proposer. Aucune directive, aucun règlement, ne peut sortir sans l’accord, à la virgule prêt, d’une majorité du parlement et des Etats qui composent le conseil de l’Europe. Ensuite il vote le budget et a le dernier mot sur toutes les dépenses. Enfin il contrôle l’action de la commission européenne, il peut la censurer, il adopte ou rejette les commissaires proposés (équivalent de ministres européens). Rien que pour cela ça vaut la peine d’aller voter. Comme d’habitude, les arguments de Françis Wurtz vous donnent réellement envie de mettre un bulletin dans l’urne le 26 mai prochain, En particulier celui de Ian Brossat, car rien ne sert de quitter l’Europe, mieux vaut la changer en profondeur.

Nicolas Garcia.

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