Au cours de leur procès qui ne devrait jamais avoir eu lieu les prisonniers politiques catalans sont remarquables de courage et de conviction.

Les trois premiers jours du procès des prisonniers politiques catalan qui se déroule à Madrid, ont surtout permis en ce jeudi 14 février d’entendre les deux premiers prévenus, ceux qui avec Carme Forcadell risquent le plus. Ils ont surclassés leurs accusateurs et même le juge suprême avec un courage, des convictions, une passion, des arguments, remarquables. Malgré les tentatives d’intimidation par les droits communs en prison, orchestrés par les autorités espagnoles, malgré la volonté de les briser, ils sont debout et offensifs. Les tentatives de casser leur résistance, leur moral, pendant 18 mois, ne les a pas conduit à renoncer à leur engagement indépendantiste, à balancer les « petits copains » ou les « Mossos d’Esquadra ». Depuis le 12 février se déroule à Madrid un procès politique, c’est en Europe, c’est chez nous, dans un pays que l’on veut bien présenter comme un pays des plus démocratiques. Les douze prévenus risquent entre 5 et 25 ans de prison pour avoir organisé un référendum d’autodétermination en Catalogne puis déclaré la république catalane indépendante avant de la suspendre immédiatement pour laisser place au dialogue avec l’Etat Espagnol. Aucun acte de violence n’a été commis, aucun argent public utilisé, aucune porte forcée pour organiser les bureaux de vote, contrairement aux forces de l’ordre mandatées par le gouvernement espagnol qui ont, par une violence parfois extrême, tout fait pour empêcher le bon déroulement d’un scrutin démocratique. Précisons que les prévenus avaient reçu mandat des urnes aux élections législatives de début 2017. Dans ce procès les droits de la défense sont niés, les prévenus traités comme des délinquants dangereux ayant commis des crimes de sang : 18 mois de prison préventive, obstruction dans la préparation du procès… Cette situation, ces atteintes aux libertés et aux droits fondamentaux sont inacceptables. Pour autant nous ne pouvons nous contenter de demander un juste procès en effet seule l’annulation de celui-ci serait juste. Nous l’exigeons, car en démocratie mettre des urnes dans des lieux publics ne peut constituer un délit contrairement à l’empêchement d’une votation par la force. Au demeurant le crime de militantisme non violent pour l’indépendance, en l’occurrence de la Catalogne, ne figure sur aucun code, aucun texte de l’Etat Espagnol, ni même dans la constitution. En réalité ce que nous vivons aujourd’hui en Espagne à l’égard des prisonniers politiques catalans est inquiétant pour la démocratie et les valeurs universelles de la République. En ce 80ème anniversaire de la Retirada nous devrions nous souvenir que, dans l’histoire, quand lâchement nous avons laissé que cèdent des digues démocratiques et républicaines chez nos voisins et frères, nous avons nous aussi fini par prendre la vague en pleine figure. Tout le monde sait qu’un problème politique ne sera jamais réglé par une décision de justice. Pour s’en convaincre il suffit de regarder la situation de l’Espagne, paralysée par le sujet catalan, où un gouvernement et bientôt deux ont été amenés à la démission. En démocratie une situation de ce type ne peut se régler que par plus de démocratie. Au point où nous en sommes arrivés, avec l’annulation du procès, la seule et unique solution que devraient exiger et accepter les vrais démocrates et républicains de France et d’Europe est un référendum où soit posée la question de l’autodétermination aux habitantes et habitants de Catalogne.

Nicolas Garcia.

 

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