La chute vertigineuse de Macron dans les sondages est légitime.

Suite aux premières annonces et au comportement du nouveau Président de la République, de son Premier ministre et de sa majorité, la déception n’a pas tardé à gagner une partie des électrices et électeurs qui se sont rendus aux urnes à la présidentielle comme aux législatives. Au-delà des décisions douloureuses prises ou en cours, cette situation témoigne aussi du fait que le mode électoral en vigueur dans notre pays ne peut plus rien générer de bon. En effet, voilà un Président de la République élu dans un face à face avec Le Pen, n’ayant obtenu au premier tour que les suffrages d’un électeur sur six. Le même Président s’appuie sur une majorité encore moins bien élue, puisque en moyenne « ses députés » n’ont gagné au premier tour que la confiance d’un électeur sur sept. Par-dessus le marché ce Président, son Premier ministre et sa majorité, ont, en quelques jours, décidé de soulager les riches et de s’attaquer au peuple, de bafouer la démocratie avec les ordonnances … Forcément le mécontentement ne peut que s’exprimer, dans les rues et dans les enquêtes d’opinion. Le présidentialisme, pilier de la 5ème République, la soumission du Parlement aux caprices du chef (suprême) de l’Etat … ne peuvent générer rien d’autre que ce genre de situation. Il faut donc en finir avec ce système présidentiel dont les dérives s’aggravent de quinquennat en quinquennat, au rythme où s’aggrave la situation de notre pays et de sa population. L’exigence d’une représentation nationale vraiment proportionnelle, la souveraineté redonnée au Parlement et le rôle du président de la République ramené à la dimension honorifique sont la condition pour que notre pays avance et libère ses énergies. A défaut, la France ne sera gouvernable qu’avec un autoritarisme démesuré.

Premières décisions terribles pour le peuple!

Naturellement le mécontentement, la colère voire même la déception contre Macron & Cie se justifient : débat sur les ordonnances confisqué, démantèlement du code du travail, allègement de l’impôt sur la fortune (ISF) et dans le même temps diminution de 5 € par mois de l’APL (60€ par an) ce qui touche au moins 7 millions de foyers dont 800 000 étudiants. D’ailleurs à ce sujet, le gouvernement prétexte un déficit de 150 millions d’€ dans le budget logement, rappelons que cette somme représente moins de 1% (0,33% exactement) du CICE, 40 milliards d’€ annuels de cadeaux aux entreprises. Le choix politique de Macron et son gouvernement est très clair : faire les poches des familles modestes pour remplir un peu plus celle des plus riches en réduisant l’ISF. Et que dire de l’augmentation de la CSG qui va aggraver encore la situation des salariés et plus encore celle des retraités. Les collectivités (mairies et départements) continueront d’êtres mises au pain sec et à l’eau, obligation pour elles de faire 13 milliards d’économies supplémentaires, soit 3 de plus que prévus par les prédécesseurs de Macron pour  2018. Pour nos concitoyens cela signifie la disparition, la réduction ou la privatisation de services publics communaux. Sans oublier les suppressions de 150 000 fonctionnaires dont 70 000 dans « la territoriale » et le gel du point d’indice du salaire de ceux qui resteront. Quant à la suppression de la taxe d’habitation, c’est une fausse bonne nouvelle. L’histoire des compensations financières de l’Etat en direction des communes, témoigne que celles-ci sont toujours fixées une fois pour toutes et non réactualisées. La conséquence c’est que très rapidement les maires et les présidents de Conseils départementaux, s’ils existent encore, n’auront plus d’autre choix que d’augmenter fortement la taxe sur le foncier bâti pour équilibrer leurs budgets (pour mémoire cette taxe est payée par tous les propriétaire. Pour en être exonérée, il faut avoir plus de 75 ans et ne pas être imposable). Je pourrais rajouter à cette liste déjà longue et douloureuse, les incitations pour les patrons à payer au SMIC, puisque les aides promises ne concernent que ce niveau de salaire; l’autoritarisme du Président, illustré par son attitude avec De Villiers (le frère de l’autre), chef d’état major des armées ou la tentative de museler la presse. Voilà sans doute ce qui provoque la chute légitime d’E. Macron dans les enquêtes d’opinion et ce qui fait que les grèves et manifestations du 12 septembre prochain recueilleront un énorme succès populaire dans toute la France.

Nicolas Garcia.

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