Archives pour la catégorie Européennes

Elne : enfin une expo qui correspond à l’esprit de la Maternité!

Il faut féliciter les services culturels municipaux d’Elne, les élus qui les ont écoutés et « Visa pour l’image » qui a mis a disposition cette exposition de Giulio Piscitelli. Le photographe italien de 36 ans a passé plus de 4 ans parmi les migrants et en a ramené des images fabuleuses d’humanité,  de vérité. Il voit le monde avec ses yeux d’artiste engagé politiquement pour un monde meilleur. Avec son zoom très progressiste, Giulio nous montre le terrible et dangereux périple, en même temps que les abominables conditions de vie quotidienne de ces enfants, de ces femmes, de ces hommes obligés de fuir leur pays pour survivre, « personne ne se déracine par plaisir! » affirmera ce chasseur d’images. Les photos de Giulio ressemblent pour certaines à celles de l’exil, des camps, de la Maternité que réalisa en son temps Elisabeth Eidenbenz. Son discours lors du vernissage rappelait par certains côtés l’entretien d’Elisabeth Eidenbenz, diffusé en boucle dans la salle de projection de la Maternité d’Elne. Comment à la fin des années 30 les autorités françaises ne s’étaient pas préparées à l’arrivée massive pourtant prévisible des républicains espagnols? Giulio ne dit pas autre chose lorsqu’il s’interroge sur la manière dont l’Europe accueille aujourd’hui les dizaines de milliers de migrants-réfugiés et comment elle a pu se laisser déborder. Mais il dit plus que ça, il parle de la responsabilité des pays riches sur la situation en Irak, en Libye, en Syrie, en Somalie (qui n’existe pratiquement plus), l’Érythrée, contrées d’où proviennent l’essentiel des réfugiés du moment. Les politiques actuelles et post-coloniales, l’accueil inhumain actuel, l’obligation pour les habitants de ces pays de prendre des risques énormes pour se mettre à l’abri avec leurs familles. Et comme hier ces réfugiés sont parqués désormais dans des camps aux portes de l’Europe, l’histoire ne nous a vraiment pas appris grand chose.

Même si une cinquantaine de personnes seulement ont participé à ce vernissage, Giulio peut être fier d’exposer à la Maternité, achetée et restaurée par la précédente municipalité aussi pour accueillir ce genre d’expo et d’artistes. Avec son discours et ses photos l’artiste en a régalé plus d’un comme il m’a régalé. Toutefois, pas sûr que cela ait été le cas pour tout le monde dans la pièce de la Maternité où avait lieu la présentation de l’expo ce samedi 17 octobre (à voir aux horaires habituels à la maternité jusqu’au 7 novembre).

Nicolas Garcia.

Giulio Piscitelli à la Maternité d'Elne, avec une de ses photos derrière lui, photo qui ressemble d'une mère et de son enfant qui ressemble étrangement à celles prisent par Elisabeth Eidenbenz en 1938 et 1939.
Giulio Piscitelli à la Maternité d’Elne, avec une de ses photos derrière lui, photo d’une mère et de son enfant qui ressemble étrangement à celles prisent par Elisabeth Eidenbenz en 1938 et 1939.

 

La réaction des peuples à l’égard des migrants peut contribuer à changer l’histoire.

Marine Le Pen dévoilant le véritable fond de son âme a affirmé que « les migrants devaient retourner chez eux ».

Sa nièce à l’héritage non équivoque pense à haute voix avec un affreux cynisme que « les migrants devraient prendre l’avion, c’est moins cher et moins dangereux ».

Arno Klarsfeld, le célèbre fils du non moins célèbre couple, chasseur de nazis, s’est quant à lui fendu d’un horrible twitt disant qu’il « n’est pas raisonnable de partir de Turquie avec deux enfants en bas-âge sur une mer agitée dans un frêle esquif »

Une petite majorité de français pense encore que notre pays ne devrait pas accueillir les migrants. Que celles et ceux qui sont sur cette position se rassurent, il y a très peu de ces pauvres gens qui veulent venir en France et c’est peut-être ça le problème. La plupart des migrants préfère d’autres pays au nôtre, des pays où ils sont mieux accueillis, où il y a plus de travail.

Ces réactions sont insupportables  et rappellent les heures les plus sombres de notre histoire, l’accueil des républicains espagnols, celui des juifs, au siècle dernier à la fin des années trente.

Voilà pourquoi les réactions solidaires de nombre de françaises et de français, d’associations, d’élus… comme la commune de Joigny dans l’Yonne qui se mobilise presque toute entière pour cette cause des migrants, alors qu’elle est classée parmi les 100 plus pauvres de France (comme quoi il n’y a pas qu’Elne). Quelle émotion aussi de voir les populations allemandes fêter littéralement l’arrivée de milliers de migrants. L’histoire est en train de donner rendez-vous à l’Humanité et il semblerait que la citoyenneté réponde présente. Voilà peut-être qui va changer le comportement timide des dirigeants européens et finalement l’histoire. Car au delà de l’accueil immédiat des migrants, c’est à la source qu’il faut régler le problème et la société des nations en a les moyens. Il serait fou de continuer à accepter ce que les pays occidentaux, France comprise, ont fait depuis 25 ans en Iran, en Irak, en Afghanistan, en Libye, en Syrie… Les mains libres laissées à l’Arabie Saoudite, au Qatar…  Les yeux fermés sur les souffrances imposées au Kurdes et au Yémen, sur les ventes d’armes… La politique internationale du capitalisme dans sa version ultra-libérale, qui « porte » encore, comme le disait Jaurès, « la guerre comme la nuée porte l’orage », doit cesser et changer, ça aussi les peuples peuvent l’obtenir de leurs dirigeants comme ils viennent d’obtenir un comportement différent à l’égard du phénomène migratoire.

Nicolas Garcia.

Grèce : un super édito dans l’Indépendant de dimanche 19 juillet.

Tsipras à la peine

La peau de Tsipras

Sorties de leur contexte, les images peuvent tromper. Il est peu probable qu’Alexis Tsipras ait été saisi en train de pleurer, sur les bancs du Parlement d’Athènes, lors de la nuit où l’accord conclu à Bruxelles a été ratifié grâce aux députés de son opposition. Coup de fatigue, moment d’abattement… Pour un homme qui n’a pas dû dormir beaucoup ces derniers temps, ça peut se comprendre. La photographie n’est pas moins symbolique. Elle illustre la pression subie par cet élu du peuple à qui il a été demandé de marquer contre son camp, dès lors qu’il a décidé d’opposer une réponse politique au diktat que tentaient de lui imposer les créanciers de son pays. Jamais homme d’État ou chef de gouvernement n’a été traité de la sorte depuis la création de l’Europe en 1951. Devant les caméras de la télévision publique grecque, Alexis Tsipras a expliqué que, dans la nuit du 12 au 13 juillet à Bruxelles, il n’avait eu le choix qu’entre «soit l’accord, soit la faillite désordonnée». Et c’est pour «éviter un désastre» qu’il a accepté la poursuite d’une politique d’austérité que les électeurs grecs avaient rejetée à deux reprises : en janvier dernier lors de la victoire de Syriza aux élections législatives, puis le dimanche 5 juillet lors du référendum. À Bruxelles, les longs couteaux ont été brandis contre la voix d’un peuple, le verdict imposé à la Grèce sonnant comme un avertissement à qui oserait défier l’ordre établi. Que les Espagnols tentés par l’alternative Podemos lors des législatives de décembre, dans leur pays, se le tiennent pour dit. Cet avertissement – hélas – ne sera pas sans frais pour les Grecs qui vont subir un nouveau traitement de choc, au grand dam d’un nombre croissant d’économistes qui dénoncent l’échec des politiques d’austérité et qualifient d’«irréaliste» et d’«inatteignable» l’accord de Bruxelles. Depuis qu’il est arrivé au pouvoir, Alexis Tsipras dérange. Il incarne le «risque de contagion politique et idéologique» que redoute le conservateur libéral Donald Tusk, président du Conseil européen. Dans un entretien accordé au Monde, ce dirigeant stigmatise les «politiciens et intellectuels (qui) sont prêts à remettre tout en question, les traités, mais aussi la façon traditionnelle de penser l’Europe». Au-delà de la peau de Tsipras, c’est, on le voit, un combat d’envergure qui s’engage: celui de la finance radicalisée dans sa quête effrénée du profit contre la démocratie politique et le droit des peuples à décider de leur destin. «La nuit de l’accord a été une sale nuit pour l’Europe», selon le Premier ministre grec, c’est parce qu’elle reste malgré tout une grande idée que l’enjeu est de taille. Mais qui aura le dernier mot?

Serge Bonnery

Manifestation contre l’accord imposé à la Grèce en mettant un pistolet sur la tempe d’Alexis Tsipras.

Ce mercredi 15 juillet à 19 H00, nous manifestions devant la préfecture  de Perpignan pour dire que l’accord, comprenant un plan terrible d’austérité, imposé à la Grèce par les pays de la zone euro, parmi lesquels la France, n’avait pas été signé en notre nom.

Alexis Tsipras, le premier ministre Grec a vaillamment négocié seul contre tous, un pistolet sur la tempe. Il est inacceptable que des pays, au premier rang desquels l’Allemagne, impose du sang et des larmes à un peuple Grec qui vient de connaître ce régime sec depuis près de 10 ans sans que le pays ne s’en porte mieux, bien au contraire.

Non ce n’est pas en notre nom que le peuple Grec a été humilié, sacrifié aux intérêts de l’ultralibéralisme. Par de tels comportements, les chefs d’États et de gouvernements font preuve d’une grande irresponsabilité, car la Grèce, comme d’autres d’ailleurs, ne pourra jamais rembourser une dette dont le peuple grec n’est en rien responsable. Même le FMI le dit!

En revanche si on voulait faire monter l’extrême droite française, grecque et européenne, on ne s’y prendrait pas autrement.

Nicolas Garcia.

Grèce : les odieux donneurs de leçons du parlement européen.

Parmi les plus virulents et odieux contre le Premier Ministre  Alexis Tsipras, au sein du Parlement Européen, se trouvait le très ultra libéral Guy Verhofstadt. Au delà de l’arrogance dont ce dernier à fait preuve, il s’est posé en donneur de leçons. Seulement c’est pour le moins hypocrite que ce soit justement l’imbuvable Guy Verhofstadt, ex premier ministre de Belgique et président des libéraux-démocrates, qui se lance sur ce sujet. Une enquête de la Transparency International révèle que la plupart des députés européens se font de jolis bas de laine en cumulant les mandats.  C’est d’autant plus ironique que l’un des plus grands cumulards est… Guy Verhofstadt. Seuls trois parlementaires européens font mieux que lui. Verhofstadt a au moins 11 mandats et gagne de cette façon plus de 200.000 euros supplémentaires par an. Ce même Verhofstadt a également reçu une prime de 327.000 euros pour la rénovation de sa maison. Vous avez dit privilèges…

Verhofstadt jure que la Grèce n’a pas mis en œuvre les réformes nécessaires et n’a jamais énoncé lesquelles de ces réformes elle allait réellement mettre en œuvre. Les médias avaient une histoire sur mesure. Le discours de Verhofstadt est devenu le sujet du jour.

Le débat dans le parlement européen ne s’est pourtant pas arrêté là. Après les réactions des différents leaders de la coalition européenne, Tsipras a repris la parole et a mouché celui qui n’a fait preuve d’aucun respect pour le chef d’État Grec. Seulement les médias avaient déjà cessé d’écouter, car leur Guy avait déjà tout dit.

Une des réponses cinglantes au triste personnage est venue de Peter Mertens, président du Parti du Travail en Belgique : « Cher Guy Verhofstadt, 40 familles grecques peuvent vivre avec votre salaire mensuel. »

Nicolas Garcia.