Catalogne du sud et du nord – Le point sur la situation politique et la solidarité!

Dimanche 13 mai à Saint Estève, Els Angelets de la Terra et des représentants des institutions qui les ont soutenu pour les concerts per la llibertat dels presos politics (le prochain le 19 mai à Villefranche de Conflent), ont reçu certaines familles de prisonniers et exilés politiques catalans pour leur remettre un premier chèque de 4000€. L’associació catalana pels drets civils prend notamment en charge les frais de déplacement des familles vers les prisons madrilènes ou vers les pays européens où ont dû s’exiler certains élus et dirigeants de la Generalitat de Catalunya. A cette très émouvante initiative, où j’ai pu prendre la parole au nom du Département des PO, ont participé les compagnes, compagnons, sœurs et frères de ministres (consellers) de la Generalitat de Catalunya, Raul Romeva (prisonnier), Joaquim Forn (prisonnier); Jordi Turull (prisonnier), Meritxell Serret (exilée), Lluis Puig (exilé), Carla Ponsati (exilée). C’est le groupe Llamp te Frigui qui a conclu la matinée avec quelques interprétations, notamment celles des Ségadors et de l’Estaca.

Dans les Pyrénées Orientales la mobilisation grandit!

Ce n’était pas évident il y a quelques mois, nous n’étions alors qu’une poignée de militantes et militants à expliquer que la démocratie n’était pas négociable; que la liberté d’expression n’avait pas de prix, même en désaccord politique et économique avec celles et ceux qui en sont privés; que le combat du ruban jaune n’est pas celui de l’Indépendance de la Catalogne mais de la liberté pour les prisonniers et les exilés politiques catalans.

Nos rangs se sont étoffés depuis que le Département le 26 septembre dernier (une semaine avant le référendum) était la première institution élue à prendre position contre les violences policières espagnoles et pour un dialogue, d’ailleurs un des très rares élus voir le seul élu des PO accrédité par l’Associacio de Municipis per l’Independencia (AMI) pour le référendum du 1er Octobre (1-O) en catalogne était un vice-président du Département. Ensuite prendront position les communes réunies dans le SYOCAT et les 28 maires autour de Jean Paul Billes (Pézilla La Rivière), Claude Ferrer (Prats de Mollo) et Jean André Magdalou (Alénya). A noter aussi la forte implication du maire et de la commune de Prats très tôt dans la solidarité avec les frères du sud.

 

De leur côté des associations comme El Comité de Solidaritat Catalana ont travaillé depuis les premiers jours, accompagnées maintenant par la toute nouvelle Alliance pour les libertés en Catalogne (ALC). Bien évidemment Omnium Cultural Catalunya Nord et Assemblea Nacional Catalunya Nord (ANC) sont dans la lutte depuis toujours. Les lacets jaunes fleurissent dans les PO, le Département a posé une énorme banderole sur sa façade quelques mairies l’ont imité, et quelques comités de défense de la République sont actifs ça et là dans les PO, notamment celui du Vallespir.

Au Sud, le 14 mai, el Parlament de Catalunya a élu, avec l’abstention de la CUP, Quim Torra i Pla comme 131ème President de la Generalitat de Catalunya. 

Il s’agît d’un proche du Carles Puigdemont, ce dernier l’a désigné pour occuper le poste de Président de la Generalitat que la justice espagnole l’empêche d’occuper lui même. Né quasiment le même jour, la même année, dans le même coin (Girona) que Puigdemont, Torra est un pur indépendentiste catalan, un homme de droite centriste, démocrate chrétien, « un libéral humaniste » comme disent de lui certains à l’ERC (Esquerra Republicana de Catalunya) la gauche républicaine catalana, deuxième jambe de la coalition souverainiste. En s’abstenant au premier comme au second tour du vote d’investiture, la CUP (Candidatura d’Unio Popular) parti d’extrême gauche qui compte 4 députés n’a pas empêché l’accession au fauteuil de Président au poulain de Puigdemont, pour lequel ils auraient sans doute voté. Tous les autres, de la droite dure (PP) à la droite libérale encore plus dure (Ciudadanos), en passant par le PSC et En Comù (Podemos + Communistes + Verts) ont voté contre Quim Torra, et ce n’est pas le discours d’investiture du nouveau Président, sans fioriture sur la volonté de poursuite sur la voie d' »el procés català » soit l’activation d’une République Catalane Indépendante, qui leur fera regretter ce vote.

L’indépendantisme et en son sein la gauche, ne reculent pas dans l’opinion!

Avec 48 % d’opinions favorables (40% en septembre), et une majorité absolue en sièges (entre 70 et 75 contre 70 aujourd’hui) on peut constater que si la situation en Catalogne créée de toute pièce par Madrid use les patiences, elle n’usent pas l’idée d’indépendance. En son sein la gauche modérée (ERC) et la CUP (gauche radicale) sont légèrement majoritaire, c’est dire si la qualification de droite libérale donnée par certains à la coalition indépendantiste est erronée. Le combat prioritaire aujourd’hui pour nombre de progressistes catalans y compris certains venus des partis communistes et de podemos, n’est pas celui du social. On peut le regretter, juger qu’ils se trompent, leur donner la leçon, mais c’est une réalité qui dépend d’eux et des citoyens vivant en catalogne qu’ils rallient.

Rajoy – Puigdemont, une image que l’on n’est pas prêt de revoir de si tôt.

 

A Madrid se jouent autre chose!

A Madrid se jouent sur la question catalane et sociale, le pouvoir en Espagne. Rajoy ultra minoritaire aujourd’hui au parlement espagnol est dépassé sur sa droite par Ciudadanos et menacé sur sa gauche par une coalition rouge – rose – verte toujours possible. Il semblerait que la bourgeoisie (grosses fortunes et patronat)ait usé Rajoy sur la question catalane jusqu’au sacrifice. Pour la fermeté sur le sujet catalan et le libéralisme effréné qui leur servirait encore plus pour s’enrichir, ils ont Ciudadanos. Une sorte de mélange entre le Macronisme et l’extrême droitisme autrichien. Du coup le PP, voyant que son attitude très franquiste à l’égard des indépendantistes catalans ne sert que Ciudadanos, est tenté de s’orienter vers un capitalisme plus ancestral et clérical qu’ultra libéral et donc semble montrer quelques assouplissements sur la question catalane voir sur la question sociale.

Ce qui se joue aussi à Madrid et Bruxelles c’est l’émergence et la légitimité d’un autoritarisme voir d’une violence d’état dans beaucoup de pays et notamment en France. La répression ne s’abat pas uniquement sur celles et ceux qui contestent les frontières des états nations (sauf à l’est) mais aussi et surtout sur celles et ceux qui remettent en cause la dictature de l’économie et de la philosophie capitaliste ultralibérales. Voilà pourquoi la gauche a intérêt à bien voir que les rubans jaunes qui fleurissent aujourd’hui en catalogne du sud et du nord ne témoignent pas d’un soutien à l’indépendantisme mais d’un attachement à la liberté de décider, de s’exprimer, de manifester… sans violence sur des sujets comme le social, l’économique … la souveraineté.

Le couple infernal de la monarchie espagnole de plus en plus autoritaire, Rajoy – Philippe VI, qui sur la question des nations d’Espagne se rapproche de la vision franquiste.

Nicolas Garcia.

 

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