Catalogne Rajoy au pied du mur : il veut des élections, il doit en accepter le résultat!

Tu parles d’une justice équitable! Où a t-on vu qu’un procureur puisse donner un titre « plus dure sera la chute » à sa poursuite contre un justiciable, en l’occurrence Carles Puigdemont. En lisant le fiscal (procureur)Maza, on sait déjà que le président élu de la Generalitat, son gouvernement et le bureau del Parlament de Catalunya et sa présidente Carme Forcadell, ne peuvent aspirer à un procès équitable. Mariano Rajoy semble avoir gagner plusieurs batailles dans le conflit qui l’oppose à la majorité du parlement de Catalogne, au gouvernement et à 90% de maires catalans, aux associations culturelles et citoyennes souverainistes … Pourtant sa volonté d’écraser ses adversaires pourrait lui être fatale, car le temps n’est pas loin où le monde ne pourra plus faire semblant de ne pas savoir qu’il est un homme très conservateur et très autoritaire, qui peut par exemple convoquer des élections dont il ne reconnaîtra pas le résultat si celui-ci ne lui est pas favorable. Et pourtant, si la campagne et le scrutin se déroulent normalement cela pourrait arriver. En effet la première enquête d’opinion sérieuse, parue mardi 31 octobre, donne avec une participation exceptionnelle de 75%, une majorité absolue de sièges à Junts pel Si (Puigdemont – Oriol Junqueras) et la CUP au Parlement de Catalunya. Craignons le pire, car Rajoy s’est enfermé dans une logique d’interdiction imminentes des trois formations souverainistes. De ce point de vue les souverainistes et leur chef de file Puigdemont jouent au mieux les cartes dont ils disposent, à savoir : montrer au monde et surtout à l’Europe, que le dirigeant espagnol auxquels ils accordent une confiance aveugle n’est pas en réalité un démocrate. Peut-on admettre par exemple qu’en 2017 au cœur de la vieille Europe, qui donne sans arrêt à tous des leçons de démocratie, le président et les autorités politiques légalement et largement élus par leur peuple, soient emprisonnées pour leurs idées ou obligées de partir à l’étranger pour ne pas l’être. Nous tous démocrates, républicains, anarchistes, communistes, progressistes, citoyens… devons faire connaître et partager, en France et dans les autres pays, la question posée par Carles Puigdemont depuis Bruxelles : « Nous relevons le défi des élections. J’accepterai comme toujours, et les catalans avec moi le verdict des urnes dont nous n’avons jamais eu peur. Les partisans du 155, PP de Mariano Rajoy, Socialistes et Ciutadans accepteront-ils, quant à eux, le résultat des élections du 21 décembre 2017? Si les indépendantistes gagnent les élections et que l’article 155 est remis en fonction, cela voudra dire qu’il y a deux types d’électeurs, ceux dont le vote sera valable et ceux dont le vote ne servira à rien. »  Carles Puigdemont est parti à Bruxelles « capitale de l’Europe » avec une partie de son gouvernement (dont beaucoup sont déjà revenu). Cette décision a été prise collectivement, d’autant qu’il n’a pas fuit et n’a pas demandé l’asile politique à la Belgique. Ce choix difficile a été fait pour plusieurs raisons. La période compliquée que traverse la Catalogne, ni Puigdemont, ni ses Consellers (ministres), ni la Présidente du Parlement catalan ne disposent de protection physique. La présence sur le sol catalan du Président, illégalement déchu par Rajoy, pourrait entrainer des troubles dont on peut craindre qu’il soient réprimer façon premier octobre par la Guardia Civil. Puigdemont a bien préciser qu’il ne voulait pas exposer son peuple à cela. En outre les garanties ne sont pas données par l’Espagne pour ce dernier (qui risque 30 ans de prison) et pour tous les autres qu’ils auront droit à un procès et à un traitement équitables. Si tant est que l’on puisse considérer leurs décisions comme un délit. Elles ne sont rien d’autre dans les faits, qu’une mise en œuvre de leur programme électoral, qui n’a soulevé aucune objection de la part de Madrid et de la justice espagnole, programme sanctionné par une majorité absolue de députés aux élections pour le parlement de Catalunya le 27 septembre 2015. Enfin cette décision de se rendre à Bruxelles pour une durée encore indéterminée a été prise pour éviter que sans raisons les leaders souverainistes ne se retrouvent emprisonnés préventivement, comme Jordi Cuixart et Jordi Sanchez embastillés depuis 16 jours. Ceux qui, comme beaucoup de médias français, voient en la situation nouvelle créée ces derniers jours « une débandade » des souverainistes, c’était le titre honteux de la triste émission de tv française « C’est dans l’air », et s’en réjouissent en moquant le président catalan et en affirmant une victoire du grand Rajoy contre le petit Puigdemont, pourraient vite déchanter. Le chemin d’une solution à la question Catalane au sein de l’Espagne et de l’Europe sera beaucoup plus compliqué, long et pénible que ça. En particulier pour ceux des habitants de Catalogne qui ont choisi celui de l’Indépendance et dont on devrait savoir la force qu’ils représentent le 21 décembre, si les élections se déroulent démocratiquement et sereinement. Ce qui est sûr, comme le dit l’universitaire Nicolas Marti, c’est qu’au moins pour ceux là, il n’y a pas de retour en arrière possible. Pour les autres non plus d’ailleurs, en effet comme lui je pense que la constitution de 1978 est morte et presque déjà enterrée. Quant aux catalanes et catalans, déçus par la décision très politique de parler depuis Bruxelles et d’exiger toutes les garanties que devrait offrir une démocratie, l’Espagnole étant loin de faire ses preuves en ce moment, ils peuvent avoir confiance en leurs leaders. En effet tout porte à croire, même si on ne partage pas les orientations de tous, que « tots plegats » (tous ensemble), politiques catalans du centre droit (PedeCat), de la gauche républicaine catalane (ERC), d’extrême gauche (CUP), associations comme l’ANC ou Omnium… n’ont fait que peu d’erreurs. Mariano Rajoy et ses alliés socialistes et ciutadans les ont, quant à eux, toutes commises. Les évènements récents n’indiquent pas que cela ait changé ces derniers jours.

Nicolas Garcia. 

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