Canohès, La Bastide et Valmanya, hommage à Julien Panchot et à la Résistance Catalane sur fond de polémique.

Réponses à un article parut sur l’Indépendant s’inspirant d’allégations mensongères d’un pseudo cinéaste sur les évènements des 1 et 2 aout 1944 à Valmanya; Conseiller Régional communiste, représentant la Présidente du Conseil Régional, privé de parole durant la commémoration du village martyr… le souvenir de la résistance en Pays Catalan est plus que jamais sujet à polémiques.

Samedi 4 aout au cimetière de Canohès.

La municipalité de Canohès, l’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance (ANACR), et les communistes de la commune organisent conjointement chaque année un hommage au capitaine de la résistance catalane Julien Panchot, communiste massacré sur le site minier de la Pinouse, massif du Canigo. Devant une assistance fournie, un grand nombre de portes drapeaux, représentants de l’ANACR, du PCF et de la mairie (le maire en personne) ont rendu hommage, tour à tour, à Julien, plus célèbre des Panchot, mais aussi à ses deux frères Aristide et Barthélémy, communistes et engagés comme lui. Ce dernier codirigeait avec son frère le maquis Henri Barbusse, attaqué les 1 et 2 août à Valmanya et dans le massif du Canigo. Julien blessé, torturé et achevé par les nazis et les collabos, avait combattu partout la bête immonde, des brigades d’Espagne aux maquis pyrénéens où il dirigeait une unité résistante des Francs Tireurs Partisans (FTP).

Dimanche 5 août – 9H30 – au cimetière de La Bastide.

Prés de Sant Marsal et surtout de Valamanya se trouve ce petit village qui, année après année, honore la mémoire de trois Espagnols torturés et achevés début août dans le cadre des opérations des nazis et miliciens français contre le maquis Henri Barbusse. L’un d’entre eux était un guerillero espagnol qui luttait armes à la main aux côtés des résistants français. Cette cérémonie est donc à juste titre devenue au fil des années un hommage plus général à l’engagement des républicains espagnols, pour beaucoup anarchistes et communistes, dans la résistance à l’occupant nazi. Cette année les grands absents remarqués étaient Narcisse Falguéra, figure de ce mouvement, pilier de cette cérémonie et Pépita Leon frappée par la maladie, animatrice et organisatrice habituelle de cette commémoration.

Un peu plus tard, un peu plus bas à 11H00…

La commémoration du petit village qui fut les 1 et 2 aout 1944 détruit, brulé et supplicié par les nazis flanqués des collabos français, qui lui reprochaient de soutenir les maquis et les réseaux de passeurs. Des habitantes et habitants assassinés sommairement ou après tortures et viols, actes héroïques de résistants donnant le temps à l’essentiel de la population de s’enfuir. On retiendra les combats entre occupants et patriotes français, la blessure, capture, torture et mort de Julien Panchot qui avec son frère Barthélémy commandaient le maquis du Canigo ces héros anonymes et déterminés, membres des FTPF, donc chacun sait que l’essentiel étaient communistes. A cette période le Canigo comptait de nombreux groupes résistants de l’Armée Secrète, des réseaux de passeurs qu’il fallait protéger comme le Sainte Jeanne, des groupes de STO …

Rien de nouveau cette année à Valamanya mis à part que le conseiller régional communiste Patrick Cases, pourtant mandaté par la présidente de la Région, n’a pu s’exprimer durant les discours officiel. Le maire de la commune a d’abord accepté sa prise de parole même en se plaignant de ne pas avoir été prévenu par le protocole régional. Mais dans un deuxième temps, la parole a lui été refusée pendant les discours « officiels », « si vous voulez parler, vous pourrez prendre la parole durant l’apéritif. » ordonne le maire. Une double humiliation en quelque sorte, et l’édile de rajouter « j’en ai parlé avec monsieur le Préfet, il est d’accord avec moi et si vous parlez il s’en va, je ne veux pas de clash donc vous ne parlez pas. » Chacun jugera ! Nous concernant nous avons décidé de quitter la cérémonie après l’intervention du représentant de l’ANACR, qui portera presque uniquement sur un rétablissement de la vérité suite à l’ouverture en 2015 des archives françaises et allemandes. L’historien qui avec trois autres de ses collègues sont les seuls à travailler sur les évènements qui motivent la commémoration annuelle, est revenu sur l’article de l’Indépendant, qui « ne reposent sur rien de sérieux », visiblement inspiré par un pseudo cinéaste qui s’amuse a réécrire l’histoire avec comme seule boussole l’hostilité à la résistance communiste. Non, Julien Panchot ne tyrannisait pas ses hommes au point qu’ils l’aient blessé eux même aux jambes et laissé à la merci des assaillants nazis et miliciens français. L’attaque de Valamanya n’est pas non plus une réponse à l’opération menée par le maquis Henri Barbusse à la sous-préfecture de Prades. L’ouverture des archives montrent bien qu’en l’attente du débarquement allié en Méditerranée (qui aura finalement lieu en Provence le 15 aout 1944, celui de Normandie a eu lieu le 6 juin 1944), le commandement allemand ordonne plusieurs attaques de maquis. En effet, les nazis ne veulent aucun groupe armé, aucune activité qui pourraient (comme en Normandie) organiser des opérations dans leur dos. Cette décision entrainera les opérations contre le maquis du Canigo, mais aussi dans l’Aude celui de Picaussel, dans le Gard, dans l’Hérault et même à Tulle…

Nicolas Garcia.

 

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