Dans le cadre de la préparation de leur congrès, les communistes sont appelés à un vote interne entre 4 textes!

Jeudi 4, vendredi 5 et samedi 6 octobre, les adhérentes et adhérents du PCF, vont se prononcer sur 4 textes différents. Celui qui recueillera le plus de voix en France sera ensuite le texte qui servira de base aux discussions du congrès du PCF. Dans les congrès de sections, aux congrès départementaux et au congrès national, il sera débattu et amendé par les communistes. Ci-joint ma position personnelle sur les textes soumis au vote des communistes ce week-end.

« Je suis triste aujourd’hui de voir le parti auquel je crois toujours, tiraillé par les tendances (comme cela arrive régulièrement dans les partis sociaux démocrates et certains syndicats). J’ai tout de suite adhéré à la démarche de « congrès extraordinaire » portée par Pierre Laurent et une majorité du Conseil National du PCF, parce que précisément ce qu’il y avait d’extraordinaire c’est que pour la première fois, depuis le congrès de Martigues, les militantes et militants pouvaient construire à des dizaines de milliers de voix une base vraiment commune parce qu’unique. Je me disais : « ceux qui rouspètent depuis des années contre la possibilité de déposer plusieurs textes alternatifs vont jouer le jeu pour arriver à un seul puisqu’ils en ont cette fois l’occasion ». Malheureusement, il n’en est rien ! Je me disais « fini l’appauvrissement des débats de fond au profit d’une bataille « d’écuries», fini « les campagnes électorales » entre groupes de communistes « influents » ». Là aussi j’ai été naïf ! Durant la période qui s’achève, je me suis efforcé de m’en tenir à la neutralité dans les débats et de maintenir des rapports fraternels entre communistes. Comme tant d’autres l’ont fait je donne aujourd’hui ma position personnelle dans un esprit constructif. Je n’écris ni au nom de la fédé, ni au nom d’une section, ni au nom d’un quelconque groupe ou collectif que le parti m’a chargé d’animer. Ce que j’écris n’engage donc que moi ! Je me retrouve tout à fait dans la base commune (donc le premier des quatre textes sur le bulletin de vote) car c’est le seul qui développe une stratégie de rassemblement populaire majoritaire dans lequel l’organisation communiste (PCF) ne se perdra pas. La position que je résume souvent ainsi « Entre ceux qui veulent tout changer sans rassembler personne et ceux qui veulent rassembler tout le monde pour ne rien changer, le PCF est la force, le trait d’union, qui souhaite œuvrer au rassemblement d’un maximum de monde pour tout changer» je la retrouve dans la base commune et cela suffit à mon bonheur !

Ma conviction est faite depuis longtemps que cette volonté doit être l’axe majeur de la stratégie du PCF. C’est vital pour qui espère transformer pour de bon notre société et l’Europe. Oui il est vital de disposer d’un Parti communiste résolument ouvert. Volontariste dans le dialogue et l’action avec toutes les sensibilités progressistes, porteurs de propositions convergentes de plus en plus larges, aboutissant, si possible, à des accords avec d’autres forces de progrès sur des contenus transformateurs, afin de donner à voir au mouvement social et populaire des perspectives crédibles. Je ne retrouve cela que dans la base commune, adoptée au Conseil National du PCF, avec des phrases comme celles-là : «une stratégie qui lie indissociablement initiative communiste et fronts d’unité populaire »«Pleinement communistes, pleinement rassembleurs pour de nouvelles majorités politiques » ou encore « création d’un forum national politique qui pourrait poursuivre le débat politique entre les forces disponibles, animer des campagnes communes, élaborer des constructions programmatiques ou électorales […] Tout en favorisant l’unité d’action politique, il laisserait à chaque force sa pleine et entière liberté d’initiative. » Mon expérience de terrain me prouve que nous sommes attendus sur ces sujets par des millions de femmes et d’hommes progressistes, aujourd’hui désemparés par la situation catastrophique de la gauche et qui espèrent parfois même sans le savoir « une force unitaire à gauche ». Je ne me sens pas le droit de les décevoir dans une fuite en avant noyant les partis, et le notre en particulier, dans une masse informe ou/et difforme, ni dans un mortifère repli sur soi politique. Quelques mots encore sans vouloir trop entrer dans la comparaison. Pour moi par rapport aux autres textes, celui de la base commune est celui qui ne place pas la question de l’économie par-dessus toutes les autres, ni celui qui fait de l’effacement du parti la donnée essentielle de la réussite d’une gauche alternative. La base commune (texte 1) ne traite pas les autres formes de lutte, le rapport au mouvement social, de manière périphérique par rapport à l’économie. Il développe et met en avant les luttes féministes, antiracistes, écologistes, comme essentielles dans la lutte contre le libéralisme. Ce texte appelé « Le communisme la question du 21ème siècle », alors que de fait (sans le vouloir) les autres textes, sans exception, renvoient le communisme au 20ème voire au 19ème siècle, introduit la notion d’éco – communisme à partir des travaux des assisses communistes de l’écologie, qui vise à affirmer que l’écologie ne peut être dissociée du combat anticapitaliste, de la visée communiste et inversement. De même, la base commune votée par une majorité du CN, poursuit la réflexion entamée au dernier congrès en soulignant le potentiel révolutionnaire des « Communs » quand d’autres les réduisent aux seuls biens communs et à leur gestion par les services publics. Pour toutes ces raisons et pour bien d’autres, je voterai pour la base commune, le premier texte sur le bulletin de vote et dans les documents du congrès que chaque communiste a eu en sa possession. 

Nicolas Garcia. »

 

 

 

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