La bataille de l’eau ne demande pas des polémiques mais de la mise en commun!

Dans l’Indépendant (quotidien d’ici) Dominique Bonnard, président de l’association des usagers de l’eau des PO, prend position sur le syndicat de production d’eau potable qu’il qualifie en début d’article « d’usine à gaz » avant de préciser en fin de papier qu’il n’est pas opposé à la création d’un tel syndicat dont il dit, je cite qu’il est « nécessaire pour mutualiser les savoir-faire et les moyens, à condition qu’il fonctionne de manière horizontale… ». Je connais Dominique Bonnard, j’apprécie et je partage nombre de ses combats sur l’eau, j’ai même donné un coup de main au moment de la création de son association, il me souvient qu’à cette époque Daniele Mitterrand était venue en Vallespir, à Amélie Les Bains plus précisément. Pourtant je pense que s’agissant du syndicat mixte départemental de production d’eau potable il n’a pas toutes les informations. Je les lui aurais donné bien volontiers, s’il n’avait pas décliné les deux demandes de rendez-vous que je lui ai envoyées pour débattre du sujet avec lui. Dominque Bonnard qualifie le projet « d’usine à gaz » alors que la préfiguration de celui-ci vient à peine de démarrer et que personne ne peut préjuger du résultat de cette préfiguration, menée par des techniciens de l’eau venus des structures communales et intercommunales existantes. Les orientations poursuivis vont dans le sens de la simplicité, de l’efficacité, de la transversalité, de la proximité et d’un meilleur service au même prix. En revanche je suis d’accord avec lui quand il dit que ce type de structure est nécessaire. Elle l’est pour deux raisons :

  • d’abord parce mettre la ressource en eau en commun et la séparer de la distribution permet par le biais entre autres des ratios moyens par habitants de savoir si le distributeur d’eau (celui qui l’amène de la sortie du château d’eau au robinet ) est « vertueux » dans la réparation des fuites et si les prix du M3 d’eau produite sont cohérents ou exagérés .
  • Ensuite parce qu’il est dangereux de laisser seuls les acteurs locaux (maires, présidents de petits syndicats…) « les moins armés », face à certains requins de l’eau. L’objectif de la création du syndicat mixte est d’épauler les élus et acteurs locaux pas de les déposséder.

Enfin on ne peut nier, les chiffres le démontrent, les efforts de certaines collectivités, je pense entre autres à Albères – Côte Vermeille – Illibéris qui atteignent un niveau trés important de rendement de réseaux. Certes beaucoup d’efforts restent à faire, mais dans les études de sécurisation du syndicat mixte des nappes de la Plaine du Roussillon que je préside, nous avons envisagé de trouver 20 à 25 millions de M3 d’eau pour les 30 prochaines années. A la fois pour de nouveaux besoins dûs notamment à la démographie, mais aussi et surtout pour soulager le pliocène (nappe profonde à trés lent renouvellement). Parmi ces 20 à 25 millions, cinq proviendraient des gains en rendements de réseaux et des économies, cinq du Karst des Corbières, de cinq à dix du plan d’eau de Villeneuve de la Raho et Cinq des nappes quartenaires notamment du Tech Aval (nappes plus superficielles qui se renouvèlement rapidement selon la pluviométrie…).

Le problème est trop sérieux pour les acteurs de l’eau du département perdent du temps à polémiquer. L’heure est à préserver la ressource en eau, bien commun s’il en est, et de le mettre sous contrôle citoyen au travers des collectivités élues et des associations d’usagers.

Nicolas Garcia.

Article sur l’eau de Dominique Bonnard, président de l’association d’usagers. Indep du 2 Mai 2019

Ma réponse sur l’Indépendant du même jour.

Ma réponse sur le même Indépendant du 2 mai 2019, sans avoir lu l’article.

 

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